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Éric Béranger, PDG de MBDA : «L’Europe peut atteindre l’autonomie stratégique»



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15 Juin 2025
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Éric Béranger, PDG de MBDA : «L’Europe peut atteindre l’autonomie stratégique»
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Le JDD. Vous sortez d’une année 2024 record, avec un chiffre d’affaires approchant les 5 milliards d’euros et un carnet de commandes dépassant les 36 milliards. Qu’attendez-vous du Salon du Bourget ?

Éric Béranger. C’est le plus grand salon aéronautique au monde. Cette semaine offre une opportunité de rencontrer un grand nombre de nos clients et partenaires, avec qui nous collaborons étroitement. Avoir toutes ces personnes réunies au même endroit facilite les échanges et la coopération.

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Est-ce que des contrats sont signés à cette occasion ou s’agit-il surtout de visibilité ?

On peut bien sûr signer des contrats, mais c’est aussi l’occasion d’annoncer le lancement de nouveaux produits. Pour MBDA, ce sera le cas cette année avec plusieurs annonces. Le salon du Bourget est aussi une vitrine pour faire connaître MBDA au grand public et expliquer le rôle que nous jouons : offrir à nos forces armées des capacités militaires décisives pour garantir leur supériorité opérationnelle sur le terrain, dans l’exercice de leurs missions.

Lesquelles ?

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L’un des axes majeurs de l’innovation chez MBDA porte sur ce que nous appelons la « massification ». Il s’agit de répondre à un besoin stratégique croissant : en complément des armes de haute précision, les forces armées ont besoin d’outils capables de saturer les défenses adverses. Le One Way Effector, que nous lançons au Bourget, incarne cette approche. C’est un nouvel engin à longue portée – 500 km – qui peut être produit et déployé en grande quantité.

Quelle production annuelle de One Way Effectors visez-vous chaque année ?

Notre objectif est d’atteindre une production pouvant aller jusqu’à 1 000 unités par mois, voire plus si nécessaire, grâce à des partenariats inédits, notamment avec un acteur majeur du secteur de l’automobile dont la production est en France. C’est un volume très différent de ce que nous produisons pour des missiles plus classiques. Pour donner un ordre d’idée, pour un missile comme le Mistral, nous sommes passés de dix unités par mois en 2022 à 40 par mois fin 2024.

La guerre en Ukraine pousse le missilier à réfléchir sur son approche

Qu’est-ce qui vous pousse à développer ce type de produits ?

Il y a bien sûr des retours de la guerre en Ukraine, mais surtout les évaluations de nos clients concernant leurs besoins pour accomplir leurs missions. La mission première de MBDA est d’offrir à nos forces armées des capacités militaires décisives, pour garantir leur supériorité opérationnelle sur le terrain dans l’exercice de leurs missions. Dans le monde occidental, nous sommes, en dehors des États-Unis, le seul groupe à offrir une gamme complète de systèmes, des armes de décision jusqu’aux armes de saturation, adaptées à ces nouveaux besoins.

Comme les armes laser…

MBDA est en effet le champion de cette technologie en Europe dans ses nations d’ancrage. Mais MBDA ne fabrique pas ces armes seul. C’est pourquoi, en France par exemple, nous avons pris conjointement avec Safran le contrôle de CILAS, qui développe ces capacités. Les armes laser sont essentielles, notamment pour la lutte anti-drone. La Direction générale de l’armement a commandé des systèmes pour les trois forces armées, qui seront livrés en 2026. C’est une technologie déjà disponible, qui a déjà été déployée dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024.

La guerre en Ukraine a montré que les drones sont devenus une arme à part entière, à faible coût. Cela vous pousse-t-il à revoir votre approche produit ?

Oui, cela nous oblige à compléter notre offre sur deux axes : d’une part, proposer davantage de munitions téléopérées, d’autre part, renforcer nos capacités de défense contre ces menaces.

C’est précisément ce que permet Sky Warden : un système qui combine plusieurs capteurs — radars, caméras, senseurs divers — et différents moyens de neutralisation, du fusil au brouilleur, en passant par les lasers et les drones anti-drones, voire certains missiles pour les plus gros engins.

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Vous nous annoncez un partenariat avec l’industrie automobile. Quelle est sa valeur ajoutée dans le secteur de la défense ?

Incontestablement, elle maîtrise la production en grande série, ce qui n’était pas le cas traditionnellement dans le secteur missilier, du moins avant le conflit en Ukraine. Aujourd’hui, cette capacité à répondre rapidement à une demande accrue devient cruciale.

Est-ce que cette collaboration avec un acteur de l’automobile va s’étendre à d’autres domaines ?

Pour l’instant, le principal axe de collaboration est la fabrication rapide de ces nouvelles solutions. Mais une fois la relation établie, d’autres idées pourront naturellement émerger.

En 2025 : deux fois plus de missiles produits qu’en 2023

Il y a plus d’un an, le ministre des Armées exigeait de MBDA la constitution de stocks et une accélération de votre production. Où en êtes-vous en 2025 ?

Nous sommes en avance sur nos objectifs. Sur Mistral, par exemple, nous avions annoncé vouloir quadrupler notre cadence de production entre 2022 et 2025, mais nous avons atteint ce chiffre dès 2024. Nous nous étions aussi engagés à diviser par deux les délais de production sur cette même période, et nous sommes sur le point d’aboutir. Et ce n’est pas fini : nous continuons d’investir pour accroître nos capacités. En 2025, nous prévoyons de produire deux fois plus de missiles qu’en 2023.

Dans quoi investissez-vous exactement ?

Dans nos infrastructures, des machines, voire même dans certains, cas la création de nouvelles lignes de production, non seulement chez MBDA mais aussi chez nos sous-traitants. Toute la chaîne doit monter en cadence. Et bien sûr nous recrutons massivement : environ 2 700 personnes par an dans le groupe, dont près de 1 000 en France. Sur la période 2025-2029, nous investissons environ 2,4 milliards d’euros dans l’ensemble du groupe pour renforcer notre outil industriel.

L’arrivée de Donald Trump interroge la fiabilité des États-Unis en matière de défense. Pensez-vous que l’Europe puisse se passer d’eux ?

C’est une opportunité extraordinaire de prendre son destin en main. L’Europe dispose de tous les talents et capacités industrielles nécessaires. MBDA est un excellent exemple d’intégration européenne réussie. Notre ADN repose sur la coopération interétatique et industrielle, et nous savons développer et produire en partenariat. Cela dit, il ne s’agit pas seulement d’une question de capacités techniques, mais aussi d’organisation, de structuration et surtout de volonté politique. Si l’Europe s’en donne les moyens, elle peut atteindre une autonomie complète. Aujourd’hui, il existe des dépendances, mais elles ne sont pas irréversibles.

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À la lumière des tensions évoquées, avez-vous constaté une accélération des dynamiques européennes de coopération et d’investissement dans la défense ?

Oui, clairement. Nous participons à plusieurs réunions où ce sujet est au cœur des discussions. Les États membres expriment leur inquiétude quant à la fiabilité des approvisionnements.Prenons l’exemple de la Pologne, qui travaille avec MBDA pour renforcer sa défense antiaérienne, notamment sur la couche intermédiaire, un segment critique. Nous sommes engagés dans la fabrication et la livraison de missiles et de lanceurs dans des délais exigeants. Cela montre bien que la demande augmente et que nous devons nous préparer à soutenir ces besoins en accélérant nos capacités industrielles.

On a l’impression que ça ne va pas assez vite… La Pologne et l’Allemagne veulent s’armer rapidement et les Américains proposent du matériel sur étagère, à l’inverse de l’Europe.

Bien sûr, on aimerait toujours que les choses avancent plus vite. Cela dit, il faut aussi mesurer le chemin parcouru. Il y a vingt ou vingt-cinq ans, si quelqu’un m’avait dit qu’un jour la défense serait un sujet porté à Bruxelles, avec un commissaire européen en charge de la Défense et de l’Espace, je l’aurais regardé avec incrédulité. Les lignes bougent.

Un récent rapport sénatorial critique le rythme ralenti des commandes passées par le ministère des Armées en 2025. Ce manque de visibilité vous affecte-t-il ?

La visibilité est cruciale. Elle conditionne non seulement l’investissement dans nos capacités de production, mais aussi la confiance des sous-traitants, qui sont responsables de près de 70 % de la valeur ajoutée de nos missiles. Le retard budgétaire en France, lié au renouvellement gouvernemental, a décalé certaines décisions. Cela ne nous a pas empêchés de recevoir des commandes indirectes, notamment dans le cadre de programmes en coopération comme le missile Aster, à travers l’OCCAR [Organisation conjointe de coopération en matière d’armement, NDLR].

Dans l’attente de la contractualisation de programmes clefs

On imagine tout de même que des contrats sont en attente…

Nous attendons effectivement la contractualisation de programmes clefs comme par exemple le futur missile antinavire/futur missile de croisière, le successeur du missile Scalp/Storm Shadow et du missile Exocet, qui doit entrer en phase de développement cette année. Cette étape est importante, car sans commande, les spécifications techniques restent ouvertes, ce qui crée de l’incertitude et retarde les travaux. Or cette capacité est essentielle pour que les forces armées conservent leur avantage opérationnel sur le terrain au-delà de 2030.

Le Salon du Bourget 2025 va mettre à l’honneur l’espace. Quelles sont les ambitions de MBDA dans ce domaine ?

L’espace est un nouveau théâtre d’opérations. MBDA travaille en partenariat avec la startup U-Space sur le projet Toutatis, qui vise à lancer en 2026 un démonstrateur de satellites capables d’améliorer la surveillance et la protection des actifs spatiaux européens. L’objectif est notamment d’offrir des capacités d’observation, d’évitement et d’engagement des menaces en orbite basse. Quant à l’intégration de moyens de défense comme les lasers, ce sont aux autorités militaires de décider ce qu’elles voudront.

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