Dans la foulée d’un Roland-Garros où il aura une nouvelle fois assuré le spectacle, Gaël Monfils a été éliminé dès le premier tour cette semaine à Stuttgart par l’étoile montante Alex Michelsen (6-4, 3-6, 6-4). Pas de quoi en faire une chronique, me direz-vous. Voire.
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Après cette défaite pourtant prévisible, l’armée des ombres des parieurs, négatif moral absolu des héros de Joseph Kessel et Jean-Pierre Melville, s’est déchaînée contre l’ex-numéro 6 mondial. « Merde humaine, sale Noir, fils de p… », les insultes délictueuses ont plu sur les réseaux sociaux, une triste réalité quotidienne. Mais cette fois, le débonnaire vétéran tricolore n’a pas fait comme s’il n’avait rien lu. En un peu moins de deux minutes, face caméra (photo), il a renvoyé la balle en défonçant – très intelligemment – les bâches de la bêtise : « Les gars, ce n’est pas un conseil financier, démarre-t-il, allusion à sa spécialisation dans ce domaine. C’est le premier tournoi sur gazon [une surface où il n’a jamais brillé, NDLR], je joue le 35e mondial qui a 20 ans, et vous voulez vraiment parier sur moi ? » Il poursuit, ironique : « Vous écrivez que je suis une merde. On sait tous que je suis une merde. Et vous pariez quand même sur moi ? Honnêtement, qui est le plus con entre vous et moi ? »
Rapidement virale, la vidéo a déclenché une vague de soutiens pour le champion et de condamnation du fléau des paris dans le tennis. Depuis des années, ce sport est l’un des plus perméables aux pressions les plus extrêmes. Contrairement au football ou au basketball, les joueurs sont les seuls responsables de leurs performances – et donc facilement identifiables. Les parieurs peuvent miser sur à peu près tout, points, jeux, sets, matchs, parfois sur des sites clandestins tenus par le crime organisé. Sur les circuits annexes, où les revenus sont minimes, les dérives s’aggravent. Des tennismen sont corrompus pour truquer des résultats, d’autres reçoivent des menaces de mort comme Arthur Bouquier (207e mondial cette semaine) qui a choisi de rendre public ce message en mars dernier : « J’espère que tu feras l’effort de gagner en deux sets car j’ai misé 2 000 euros sur toi. Je suis sur le court là où tu joues. Si tu perds, je te ferai la peau. »
Contrôler plus strictement les paris devient impérieux
Le Français a gagné en deux sets. Mais combien à sa place auraient flanché ? L’an passé, la petite balle jaune a généré plus de deux milliards d’euros de paris dans notre pays. Les interdire est impossible, les contrôler plus strictement devient impérieux avant qu’un déséquilibré ne passe à l’acte.
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