Le fiasco continue au sein de l’Ofast (office antistupéfiants) marseillais. Lundi, deux commissaires, chefs du service antidrogue marseillais, ont été placés en garde à vue dans les locaux de l’IGPN, la police des polices, rapporte Le Parisien. Ils sont entendus dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour « importation et trafic de stupéfiants en bande organisée », « faux en écriture publique » et « atteinte à la vie privée ».
Depuis l’échec de l’opération « Trident », menée par l’antenne marseillaise de l’office antistupéfiants, deux indicateurs et trois enquêteurs ont déjà été mis en examen, notamment pour trafic de drogues en bande organisée et blanchiment.
L’échec de la « livraison surveillée »
Pour comprendre cette affaire tentaculaire, il faut remonter à la fin de l’année 2022, lorsque l’Ofast de Marseille reçoit un tuyau de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine. Les policiers sont avertis de l’arrivée imminente d’une cargaison de près de 400 kg de cocaïne, cachée dans un conteneur de bananes en provenance de Colombie.
Les enquêteurs décident alors de mettre en place une « livraison surveillée », en accord avec les magistrats, organisée en mars 2023. Il s’agit de laisser passer la drogue pour surveiller la distribution, identifier les trafiquants et démanteler le réseau. Leur cible : Mohamed Djeha, dit « Mimo », à la tête du réseau de la cité de la Castellane, arrêté en 2023 en Algérie.
La coke n’intéresse pas les narcos marseillais
Premier coup dur : ce dernier ne se montre pas intéressé. Les enquêteurs espèrent alors écouler la cocaïne auprès d’autres réseaux, en passant par leurs indicateurs. Mais la situation tourne au vinaigre : aucun narcotrafiquant important n’est identifié et la drogue disparaît au fil des semaines. À la fin, un kilogramme de drogue seulement sera retrouvé lors d’une perquisition.
Cerise sur le gâteau : un serrurier de l’Ofast témoigne de soupçons de corruption évoquant un « sac de billet » contenant 500.000 euros en liquide remis au major de la police chargé de piloter cette livraison surveillée. Une enquête judiciaire s’ouvre en 2024.
Avec ces nouvelles gardes à vue, l’IGPN cherche à comprendre le rôle de la hiérarchie de l’Ofast Marseille dans ce fiasco, alors que certains mis en examen assurent avoir eu l’aval de leurs supérieurs. D’autant que « l’enquête révèle de graves dissensions au sein de l’antenne marseillaise et avec l’échelon central de l’Ofast de Nanterre », rapporte le quotidien parisien.




