Donald Trump ne court pas après le prix Nobel de n’importe quelle paix. En liquidant les principaux sites nucléaires iraniens, il a prouvé qu’il était prêt à exercer la responsabilité que lui donne la puissance. Il ne recule pas devant l’usage de la force. Il croit à son usage bénéfique. N’en déplaise aux Français qui le raillent et à leur président qui est allé jusqu’au Groenland pour lui faire la leçon. L’Amérique « Great Again » n’est pas seule au monde.
Donald Trump est le champion autoproclamé du deal, obsédé par ses intérêts commerciaux. Mais aussi le commandant en chef qui n’abandonne pas Israël faire le sale boulot en Iran. Il en a pris sa part, courant le risque de décevoir l’électorat auquel il avait promis de ne jamais plus laisser l’Amérique s’embourber dans une guerre au loin.
Revanche éclatante
Le « Marteau de minuit » s’est abattu sur le turban des mollahs après une vaine campagne diplomatique. Le nouveau président l’a initiée aux premiers jours de son mandat en écrivant au Guide suprême iranien pour lui proposer de renouer le dialogue. Téhéran redoutait le retour au pouvoir de l’homme qui a éliminé le numéro deux du régime, le général Soleimani. Son offre a été prise pour une faiblesse.
« Trump a averti qu’il n’était pas dupe. Que le sablier se vidait »
Pendant deux mois, les diplomates iraniens ont fait traîner les palabres avec les émissaires américains. Donald Trump a averti qu’il n’était pas dupe. Que le sablier se vidait. Qu’il fallait stopper l’enrichissement d’uranium. C’était exiger une capitulation. Le Guide suprême lui a répondu avec hauteur que la République islamique ne se laisserait jamais dicter sa conduite et que la maîtrise du cycle nucléaire était son droit légitime.
À J +2, Donald Trump a donc laissé Benjamin Netanyahou agir. C’était le vendredi 13. Israël a décapité l’appareil de répression iranien. La chance a aussi souri aux États-Unis quand ils ont pris le relais. Le raid à 11 000 kilomètres est une revanche éclatante, 45 ans après l’opération Rescue qu’avait lancée Jimmy Carter pour libérer le personnel de l’ambassade, pris en otage à Téhéran, et qui s’était soldée par une bérézina pour les forces spéciales. Elle efface aussi les échecs successifs de ses interventions dans « le grand Moyen-Orient » (Afghanistan, Libye, Syrie, Irak, Liban…).
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Elle prouve que la force seule peut s’imposer aux tyrans. En 2003 déjà, l’Iran avait été saisi par l’efficacité de la machine militaire américaine en Irak et avait proposé illico de démanteler son mécano nucléaire ainsi que de démembrer le Hezbollah. Les atermoiements de Washington à saisir cette offre ont fait perdre vingt ans.
L’arroseur arrosé
Dimanche dernier, les détails opérationnels ont été dévoilés. L’itinéraire des B2, le nombre d’appareils mobilisés et de bombes GBU-57, les photos des cibles traitées… Le brouillard de la guerre ne recouvre plus le champ de bataille mais le théâtre diplomatique. La désinformation est permanente, l’intox à tous les étages et les manœuvres de diversion jusqu’au dernier moment. Donald Trump se donnait deux semaines de réflexion. À Paris comme à Téhéran, on y a cru.
Les ambassades prétendaient que le Pentagone était divisé. Qu’il fallait le temps à un troisième porte-avions de gagner le Golfe. Les deux semaines ont duré deux jours et les mollahs ont été pris de court. L’arroseur est arrosé. C’est toujours jubilatoire. Depuis 30 ans, les mollahs ne se contentent pas de manier le chantage et le terrorisme. Ils mentent. Négocient pour gagner du temps, jouent au plus fin avec l’AIEA, piègent les diplomates européens, trompent le monde. Usant de toutes les ruses pour obtenir leur Graal, l’arme nucléaire.
Les bombes de 13,6 tonnes ne suffiront pas à enterrer ce rêve de puissance et de souveraineté. Elles ont mis fin au jeu de dupes. Et rendu à l’Amérique sa grandeur.
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