
Depuis le 12 juin dernier, plusieurs cas d’intoxications alimentaires ont été signalés autour de Saint-Quentin, dans la région de l’Aisne. Le ministre délégué chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder, s’est rendu sur place ce dimanche 22 juin au chevet des familles et des enfants hospitalisés.
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Après avoir écarté la possibilité d’une contamination par l’eau, les soupçons se sont portés sur de la viande. En prévention, six boucheries, dont cinq halals, ont été fermées sur décision administrative.
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Une bactérie présente en permanence dans nos intestins
La bactérie Escherichia coli, dite E. coli, est une bactérie très répandue chez l’homme et les animaux. Naturellement présentes dans notre microflore intestinale, la plupart d’entre elles sont inoffensives et jouent un rôle dans le bon fonctionnement de notre système digestif.
Cependant, certaines souches peuvent se révéler pathogènes et provoquer des intoxications alimentaires, parfois graves auprès des publics les plus à risques. C’est le cas des souches de E. coli dites entérohémorragiques (ECEH).
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Quels sont les symptômes ?
Dans la majorité des cas, une intoxication alimentaire à la bactérie E. coli provoque des troubles gastro-intestinaux tels que :
- Diarrhées (parfois sanglantes : colites hémorragiques)
- Douleurs abdominales
- Fièvre légère
- Nausées et vomissements
Des symptômes qui apparaissent en moyenne entre trois ou quatre jours après l’ingestion de la bactérie selon l’Anses, et qui peuvent durer quelques jours.
Si dans la plupart des cas, la guérison est spontanée, il peut arriver, en de rares occasions, que des complications surviennent, notamment auprès des personnes dont le système immunitaire est particulièrement fragile. C’est le cas des jeunes enfants, des femmes enceintes ou des personnes âgées.
Ces derniers peuvent alors développer une forme sévère, nommée syndrome hémolytique et urémique (SHU) qui provoque une anémie hémolytique et une thrombopénie. Une hospitalisation est alors nécessaire, afin de recourir à des transfusions sanguines ou des dialyses. Selon l’Institut Pasteur, cette infection rare peut s’avérer mortelle dans environ 1 % des cas. En cas de contraction du syndrome, d’autres symptômes apparaissent :
- Grande fatigue
- Pâleur
- Insuffisance rénale
- Convulsions
Quels aliments sont concernés ?
La bactérie E. coli se loge dans le tube digestif des animaux, notamment chez les bovins et les ovins que l’homme ingère. On la retrouve ainsi dans les matières fécales des ruminants, dans les lieux d’abattages, dans le sol, le fumier et dans l’eau (mares, ruisseaux).
Chez l’homme, l’infection par une souche pathogène (de type ECEH) se contracte principalement en raison d’une intoxication alimentaire. Plusieurs cas de contaminations sont possibles :
- L’infection peut provenir du lait cru (fromages) et de la viande consommée crue ou insuffisamment cuite, lorsque les mesures d’hygiène n’ont pas été respectées, ou que la chaîne du froid a été rompue. La viande hachée de bœuf est ainsi particulièrement exposée.
- Plus rarement, la bactérie peut également se transmettre via les fruits ou légumes, si ces derniers ont été mal lavés ou infectés lors de l’épandage ou de l’arrosage.
- Cela peut aussi être le cas de la farine présente dans les pâtes crues (pâtes à pizza, pâtes feuilletées, pâtes sablées, pâtes à cookies, etc.).
- La transmission d’homme à homme est également possible (en milieu familiale ou à la crèche par exemple).
Contrôles, signalement et rappels de produits
En France, les aliments contaminés à la bactérie E. coli sont systématiquement rappelés, ils ne doivent pas être consommés, et doivent être rapportés au point de vente ou détruits. Pour savoir si un produit est contaminé, vous pouvez donc consulter le site gouvernemental Rappel Conso, qui répertorie tous les rappels de produits. Si vous suspectez une contamination sur un produit, vous pouvez aussi vous-même procéder à un signalement.
Pour savoir si un produit est infecté et rappeler un produit, les autorités publiques procèdent régulièrement à des contrôles. De leur côté, les industriels font ponctuellement des autoanalyses. Ces contrôles permettent, en cas de contamination, de retirer les produits avant leur commercialisation.
Mais il peut arriver qu’un lot destiné à la consommation passe à la trappe. D’où l’importance d’adopter quelques réflexes de précaution pour éviter toute contamination.
Les bons réflexes à adopter pour éviter la contamination
La bactérie E. coli supporte bien le froid et ne craint ni le réfrigérateur ni le congélateur : elle peut être cependant détruite par une cuisson au-delà de 65°C.
De surcroît, la transmission de la bactérie peut-être évitée par des gestes simples :
- Un lavage des mains systématique avant toute préparation de repas ou après tout passage aux toilettes ;
- Le nettoyage régulier de son réfrigérateur, plan de travail et de ses ustensiles de cuisine (privilégiez ici l’eau de javel) ;
- Le lavage méticuleux de vos fruits et légumes ;
- Le respect des dates limites de consommation des aliments sensibles et le respect de la chaîne du froid ;
- Une cuisson de vos viandes hachées à cœur : éviter de consommer de la viande hachée crue ou saignante ;
- Chez les enfants de moins de 5 ans, préservez leurs intestins fragiles de tout lait cru et de tous fromages et produits laitiers à base de lait cru. À la place, proposez-leur plutôt des fromages à pâte pressée cuite ou des fromages au lait pasteurisé ;
- Concernant les préparations à base de farine (pâte à pizza, pâte feuilletée, pâte brisée, pâte à cookies, gâteau…) celles-ci ne doivent pas être consommées crues ou peu cuites.
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