L’essentiel
- Un ancien membre du grand banditisme âgé de 51 ans, récemment sorti de prison, est soupçonné d’avoir commis au moins 17 cambriolages dans les Yvelines, l’Eure et l’Eure-et-Loir. Il a été mis en examen le 18 juin dernier et placé en détention provisoire.
- Les malfaiteurs utilisaient des véhicules volés et équipés de fausses plaques pour échapper aux forces de l’ordre. Ils emportaient « des objets qui se revendent assez cher sur le marché des antiquités ou des collectionneurs, comme des lampes champignons, de l’argenterie ou des manteaux de fourrure », indique le colonel Hebinger, qui commande la section de recherche de Versailles.
- Les enquêteurs ont identifié le principal suspect, qui s’était blessé lors d’un cambriolage, grâce à son ADN. Son complice est parvenu à prendre la fuite. Il est toujours activement recherché.
Difficile de lutter contre les vocations. Cet ancien membre du grand banditisme, âgé de 51 ans, a déjà passé plusieurs années en prison. Mais depuis qu’il est sorti de détention, il a été une nouvelle fois mis en cause dans une affaire de cambriolages audacieux. « Ce type d’individu ne cotise pas tellement pour sa retraite, et il avait visiblement décidé de passer à quelque chose qu’il maîtrisait facilement », explique à 20 Minutes le colonel Hebinger, qui commande la section de recherches de Versailles. Le suspect a été mis en examen le 18 juin dernier pour vols en bande organisée et placé en détention provisoire.
Les faits dont il est soupçonné remontent au printemps dernier. Une équipe de cambrioleurs sévit en journée ou en début de soirée dans plusieurs communes des Yvelines, de l’Eure et de l’Eure-et-Loir. Ils emportent lors de ces raids « des objets qui se revendent assez cher sur le marché des antiquités ou des collectionneurs, comme des lampes champignons, de l’argenterie ou des manteaux de fourrure », indique le colonel Hebinger.
Deux « véhicules de guerre »
Des témoins signalent la présence de puissantes berlines, une Audi Q2 et une Alfa Roméo break, à proximité des lieux visés. Les malfaiteurs les utilisent pour échapper aux forces de l’ordre qui, parfois, arrivent sur les lieux juste après leur départ. « Ils prenaient tous les risques, raconte le patron de la section de recherche de Versailles. Cette équipe avait déjà été mise en fuite et était parvenue à semer les patrouilles qui les poursuivaient. » Le parquet de Versailles ouvre une enquête, confiée aux gendarmes et aux policiers spécialisés de la brigade de recherches et d’intervention.
Les enquêteurs découvrent que les véhicules utilisés par les cambrioleurs ont été volés fin mars et début avril. Les malfaiteurs les ont équipés de fausses plaques pour éviter d’être repérés. Ils les ont dissimulés et ne les utilisent que pour commettre des délits. Dans leur jargon, les gendarmes parlent de « véhicules de guerre ». Lors d’un cambriolage à Gambais, dans l’ouest du département des Yvelines, l’un des auteurs est blessé et son ADN est retrouvé sur les lieux. Il s’agit « d’un ancien du grand banditisme » au lourd passé judiciaire. Ce malfaiteur chevronné a été incarcéré « pour des choses beaucoup plus graves » que des cambriolages, poursuit le colonel Hebinger, qui ne souhaite pas détailler le pedigree du suspect.
Un suspect en fuite
Le 15 juin, l’Audi Q2 est repérée dans les Yvelines où deux cambriolages viennent d’être commis à Davron et à Saint-Nom-la-Bretèche. Cette fois, les cambrioleurs sont pris en chasse et percutent dans leur fuite un véhicule de la BRI. Leur voiture est retrouvée un peu plus tard à Vernouillet. Les forces de l’ordre interpellent le quinquagénaire dont l’ADN a été retrouvé lors d’un précédent cambriolage. Dans la Berline, les enquêteurs découvrent des cagoules, des talkies-walkies, des gants, des outils et des objets volés. Son complice, lui, est parvenu à s’échapper. L’homme qui a été identifié est toujours activement recherché.
Le principal suspect de cette affaire est retourné en détention. Les enquêteurs le soupçonnent fortement d’avoir commis, en quelques mois, 17 cambriolages et deux vols de voitures. Mais leur nombre pourrait être plus important. « Ça ne veut pas dire qu’avant ça, il n’y avait pas d’autres choses », avance le chef de la section de recherche de Versailles. « On ne sait pas de quoi il a vécu » lorsqu’il est sorti de prison. L’enquête se poursuit.





