
Ursula von der Leyen outrepasse-t-elle ses fonctions ? Ce mercredi 25 juin, la présidente de la Commission européenne a interpellé les autorités hongroises après l’interdiction de la Marche des fiertés par la police. « Je vous demande d’autoriser la tenue de la Budapest Pride. Sans crainte de sanctions pénales ou administratives à l’encontre des organisateurs ou des participants », a-t-elle exigé sur X, avant de rappeler « à la communauté LGBTIQ+ de Hongrie et d’ailleurs » qu’elle serait « toujours leur alliée ».
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De quoi susciter l’ire de George Simion, candidat nationaliste défait au second tour de la présidentielle roumaine. « Et les citoyens européens, les agriculteurs et les travailleurs, appauvris par les politiques absurdes que vous avez soutenues ? Êtes-vous aussi leur “allié” ? », lui a-t-il rétorqué. « Pourquoi vous ingérer dans les affaires intérieures d’un État souverain ? »
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Les relations entre l’Union européenne et la Hongrie, membre des Vingt-Sept depuis 2004, sont glaciales depuis plusieurs années… Mais se sont davantage détériorées en mars dernier, après que Viktor Orban a fait adopter une loi visant à bannir toute manifestation qui violerait la législation de 2021 interdisant d’évoquer auprès des mineurs « l’homosexualité et le changement de sexe ».
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Fin mai, vingt pays de l’UE – dont la France, l’Allemagne, la Belgique, les pays nordiques et baltes – ont appelé la Commission européenne à agir fermement contre la Hongrie dans une déclaration commune. Dénonçant une législation contraire « à la dignité humaine, à la liberté, à l’égalité et au respect des droits humains », valeurs fondamentales de l’Union, ils ont exhorté Bruxelles à « utiliser pleinement la boîte à outils de l’État de droit » pour contraindre Budapest à faire marche arrière sur la répression des droits LGBT+.
Le 5 juin, l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) s’est jointe à leurs voix en annonçant que le texte violait le droit de l’Union. Bruxelles retient aujourd’hui 18 milliards d’euros de fonds européens de la Hongrie en raison de ces violations de l’État de droit.
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Malgré l’interdiction de l’événement samedi, de nombreux eurodéputés ont annoncé leur intention de se rendre à Budapest et de prendre part au défilé. Dans une lettre signée par son ministre de la Justice, Bence Tuzson, la Hongrie les a mis en garde, assurant que ni eux ni leurs collaborateurs ne devaient participer au rassemblement.
Les participants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 500 euros ; organiser ou appeler à y participer est passible d’un an de prison, a rappelé le ministre. Les organisateurs attendent plus de 35 000 personnes, pronostiquant « la plus grande Pride » depuis sa création dans les années 1990.
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