
Retour dans l’arène pour les syndicats, réunis depuis fin février à l’invitation de François Bayrou, aux côtés de quatre ministres et des organisations patronales. Une séquence voulue comme un tournant, après une réforme adoptée à grand-peine en 2023, au prix d’un 49.3 et d’une mobilisation sociale d’ampleur. Le « conclave », méthode inédite et symboliquement forte, devait permettre d’aboutir à un « nouveau pacte » sur les retraites.
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À l’époque, les partenaires sociaux avaient répondu présent, malgré des crispations sur le calendrier et le casting. Quatre mois plus tard, tous s’accordent sur des avancées tangibles, mais les sujets les plus sensibles restent ouverts.
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Consensus ponctuels
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Lors d’une conférence de presse ce jeudi 26 juin, François Bayrou a listé une série de convergences obtenues au fil des échanges. Tous les participants se sont engagés à restaurer l’équilibre du système de retraites par répartition à l’horizon 2030. Autre progrès significatif : une meilleure prise en compte des carrières hachées, ainsi que des périodes liées à la maternité. François Bayrou a insisté sur les avancées obtenues pour les femmes. À l’avenir, les pensions devraient être calculées sur les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant, et sur 23 années pour celles qui en ont eu deux ou plus. La reconnaissance de la maternité serait également renforcée dans le décompte des trimestres.
Enfin, la pénibilité du travail a été unanimement reconnue comme un enjeu à part entière. Un consensus s’est dégagé sur la mise en place d’une politique de prévention généralisée et sur l’élaboration d’une cartographie du risque professionnel.
« Le compromis est à portée »
« Tous les participants ont travaillé dans un remarquable climat de franchise, sans intervention du gouvernement », a salué Bayrou, qualifiant l’expérience de « remarquablement utile ». Malgré les tensions et les moments « d’agacement inévitables », le chef du gouvernement se dit convaincu que « le compromis est à portée ».
Des blocages persistants, notamment sur le financement
Mais la recherche d’un compromis reste suspendue à plusieurs points de friction. À commencer par le financement du système des retraites, toujours non résolu. « Il n’y a pas encore d’accord trouvé », a reconnu François Bayrou, « mais je suis persuadé qu’on peut en trouver un très vite sur ce sujet ».La question de la pénibilité, notamment, cristallise les tensions. Si la prévention fait consensus, les syndicats plaident pour une réparation générale, tandis que le patronat souhaite une approche individuelle, sur justification médicale.À lire aussi
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Face à ces blocages, François Bayrou a entrouvert la porte à une initiative gouvernementale. « Si les partenaires sociaux n’arrivent pas à se mettre d’accord, nous prendrons nos responsabilités », a-t-il menacé. Un texte de compromis pourrait ainsi être intégré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale à l’automne et présenté au Parlement. Ce qui n’est pas sans risque politique : le Parti socialiste a d’ores et déjà déposé une motion de censure préventive, estimant que l’exécutif tente « une nouvelle fois d’imposer sa vision par la force ». Le président du groupe PS à l’Assemblée, Boris Vallaud, reproche au Premier ministre de ne pas avoir tenu sa promesse de « donner le dernier mot » au Parlement, y compris sur l’âge légal de départ, et de s’être engagé sans retour possible à maintenir les 64 ans fixés par la réforme de 2023.
« Il devait nous permettre de débattre de tout, en particulier de la mesure d’âge », a-t-il martelé lors des questions au gouvernement. François Bayrou assure cependant que les sujets encore non tranchés ne représentent que « peu de choses sur les derniers mètres » par rapport à « l’ampleur des avancées » déjà obtenues.
Des objectifs gouvernementaux inchangés
Le Premier ministre a également rappelé les lignes rouges qui ont guidé l’ensemble des discussions. Le gouvernement souhaite garantir l’avenir du système de retraites par répartition, en assurant son équilibre financier d’ici 2030. Il entend aussi favoriser le maintien en emploi des seniors, sans alourdir le coût du travail.
« Les experts doivent de nouveau se réunir pendant deux ou trois semaines »
Enfin, François Bayrou souhaite que le débat sur les retraites ne constitue plus une fracture sociale ni un conflit de générations. La concertation n’est pas close pour autant. « Les experts doivent de nouveau se réunir pendant deux ou trois semaines », a précisé François Bayrou. L’espoir d’un compromis d’ici la rentrée reste intact. Reste à savoir si cette méthode inédite accouchera d’un accord historique… ou d’un texte gouvernemental, faute de mieux.
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