
En mars dernier, dans les colonnes du Journal du Dimanche, Éric Trappier avait prévenu : « Nous avons effectivement envie de proposer » notre avion au Portugal. « C’est un pays de l’Union européenne et de l’Otan. Il disposerait des mêmes capacités d’interopérabilité que nous dans le cadre de l’Alliance, donc cela semble logique », avait-il développé.
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Quelques semaines plus tard, ce 25 juin, le PDG de Dassault Aviation a franchi le pas. Lors d’une audition au Sénat, il a annoncé que son groupe travaillait « beaucoup avec le Portugal pour essayer » de le convaincre de choisir le Rafale. Et cela « parce que [le pays] n’a pas encore signé de commande de F-35, même s’il était sur le point de le faire », a-t-il précisé.
Le Portugal cherche un successeur à ses F-16 AM/BM, en fin de vie opérationnelle. Longtemps considérée comme acquise, l’option F-35 de Lockheed Martin est désormais remise en question. En mars, le ministre portugais de la Défense, Nuno Melo, a exprimé publiquement ses réserves quant à ce choix. Il a évoqué le manque de « prévisibilité » des États-Unis dans le contexte géopolitique actuel. Pour lui, des options « européennes » méritent d’être envisagées, surtout si elles présentent un intérêt économique pour le pays.
Dans cette brèche diplomatique, les industriels européens ont rapidement réagi. Le Suédois Saab a confirmé l’existence de pourparlers autour de son JAS-39 Gripen E/F et, aujourd’hui, le groupe français Dassault s’est positionné avec son Rafale. Cependant, le dirigeant s’est montré prudent quant aux chances de remporter ce nouveau marché.
Selon lui, « quand on propose des Rafale, on nous répond souvent qu’un achat de F-35 vient d’être conclu et qu’il faut prendre notre tour pour le moment où cet avion sera obsolète… ce qui reporte tout de même l’échéance de 40 ans ». Il conclut : « Le problème, c’est l’écart entre les discours et les actes : il y a certes une prise de conscience, mais pas assez d’actes. » Au total, en Europe, seuls deux pays ont choisi l’avion tricolore : la Grèce et la Croatie.
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