La France peine à rassembler les 40 milliards d’économies nécessaires pour éviter la faillite. Mais comment parvenir à cet effort quand un député sur deux n’a connu que l’État comme employeur et l’argent public comme solution à tout problème ?
Depuis la loi Sapin II, les lobbies sont priés de rester à la porte du pouvoir. Désormais, tout lien avec le secteur privé doit être déclaré, donnant ainsi l’illusion d’une République indépendante. Pourtant, un pouvoir d’influence échappe encore à tous les radars. Omniprésent, il ne plaide pas sa cause : il l’impose. Ce pouvoir est celui de la fonction publique.
Distorsion démocratique
L’Assemblée nationale, censée refléter le peuple, est devenue le théâtre de cette hégémonie. En France, les fonctionnaires représentent 19 % de la population active, soit l’un des pourcentages les plus élevés des pays de l’OCDE. À l’Assemblée, ce sont 40 % des députés qui sont issus du secteur public. Une distorsion démocratique encore plus prégnante à gauche : 60 % chez les socialistes, 66 % chez LFI, et même 70 % chez les communistes, si l’on inclut les militants associatifs nourris à l’argent public.
« Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye », lançait jadis François Hollande, grand archevêque du clergé administratif dont l’ambition n’était autre que de faire de la dépense publique une rente éternelle et de considérer la réforme de l’État comme un péril, une menace pour ses propres privilèges. En 2017, Emmanuel Macron se posait pourtant en pourfendeur du système technocratique, promettant un « nouveau monde », où la société civile serait enfin représentée. Mais ce souffle, déjà vacillant, s’est vite dissipé en simple courant d’air.
Condamné au silence, le « nouveau monde » a cédé les clés de la souveraineté à l’énarchie incarnée par Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée et double d’Emmanuel Macron, ainsi qu’à McKinsey et autres cabinets de conseil qui prospèrent sur la complexité de l’État.
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Il est nécessaire d’instaurer un « spoil system » à la française
Cette dérive se traduit par un système où nos 42 ministères ont délégué leurs responsabilités à 317 comités, 432 opérateurs et 776 agences d’État, pour un coût annuel de 80 milliards d’euros. À cela s’ajoutent cinq strates de collectivités territoriales, responsables d’un enchevêtrement de compétences et d’un coût supérieur à 7,5 milliards d’euros chaque année, toujours à la charge du contribuable français.
Réseaux de recasage
Cet État hypertrophié, dans lequel un tiers des fonctionnaires est voué à son propre fonctionnement, a paradoxalement laissé se dégrader ses services publics essentiels. Ce réflexe bureaucratique a dévié des fonctionnaires sincères de leur vocation originelle, les éloignant ainsi de la noblesse de leur mission : servir l’intérêt supérieur de la nation. Comment, dès lors, s’étonner qu’avec un tel système, l’État ne parvienne pas à dégager les 40 milliards nécessaires ?
Il est temps de mettre fin à l’influence du lobby du secteur public et des réseaux de recasage, trop souvent devenus des instruments de propagande idéologique.
La chaîne de commandement doit donc être entièrement réalignée, du sommet de l’État jusqu’à l’administration. Tant que les directeurs d’administration centrale garderont le contrôle, toute réforme restera impossible.
Il est nécessaire d’instaurer un véritable spoil system à la française : un système où le président nouvellement élu peut remplacer les directeurs d’administration centrale, pour gouverner avec des hauts fonctionnaires fidèles à la volonté populaire et non prisonniers de réflexes corporatistes. Le spoil system, par essence, confère à l’exécutif le pouvoir de nomination aux postes clés, garantissant ainsi loyauté politique et liberté de réforme. L’État profond ou le peuple : il faut choisir.
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