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Astrid Panosyan-Bouvet au JDD : «Si aucun accord ne se dégage, le gouvernement tranchera»



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28 Juin 2025
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Astrid Panosyan-Bouvet au JDD : «Si aucun accord ne se dégage, le gouvernement tranchera»
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Le JDD. La CFDT claque la porte des négociations, le Premier ministre tranchera. Quels sont les sujets qui bloquent ?

Astrid Panosyan-Bouvet. Avant de parler de portes qui claquent, je veux saluer les compromis faits par chacun, en renonçant à telle ou telle revendication pour obtenir des avancées sur telle ou telle autre. Ces choix courageux ont permis des consensus. Par exemple, une meilleure prise en compte des carrières hachées des femmes, du fait de la maternité, avec un accès facilité aux carrières longues et un calcul de pension plus avantageux. Ce n’est pas anecdotique : la moitié des actifs sont des actives. Autre point d’accord : le renforcement de la comptabilisation et de la prévention de l’usure professionnelle, avec, via une cartographie des métiers pénibles, la réintégration des trois critères ergonomiques supprimés en 2017 du compte professionnel de prévention. Il y a aussi l’objectif de rétablir l’équilibre financier du régime, d’ici à 2030, pour préserver notre système. Deux désaccords persistent.

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D’abord, sur la modalité d’accès à la réparation de l’usure professionnelle liée aux risques ergonomiques : tout le monde s’accorde sur le besoin de réparation, mais les syndicats défendent un droit au départ anticipé, fondé sur des critères collectifs automatiques, tandis que le patronat plaide pour une approche individualisée et médicale. Ensuite, sur le financement de l’équilibre du système, la répartition de l’effort reste à affiner. On laisse quelques semaines aux partenaires sociaux pour chercher un compromis. Ce sujet le mérite, et il serait inepte d’effacer les progrès réalisés jusqu’ici. Je pense que les discussions se poursuivent. Et je continue à parler à tous, comme je le fais depuis quatre mois.

Quelle est la préférence du gouvernement sur la pénibilité entre les deux visions qui s’opposent, celle du patronat et celle des syndicats ?

Ce n’est pas une question de coût – il est équivalent sur les quinze prochaines années –, mais d’approche, et les deux s’entendent. Je laisse les partenaires sociaux en discuter. Comme l’a rappelé le Premier ministre, nous attendons une conclusion de ces échanges dans les prochaines semaines. Si aucun accord ne se dégage, le gouvernement tranchera. Mais notre préférence reste clairement un accord négocié, qui permette un système à la fois ambitieux, protecteur pour les salariés et en phase avec les réalités économiques pour les entreprises.

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Il y a également un désaccord sur le retour à l’équilibre en 2030. Que préconise le gouvernement ?

Le retour à l’équilibre du système est une condition indispensable pour que le Parlement puisse transposer les accords issus de la concertation. Le Premier ministre l’a clairement posée, tous les partenaires sociaux l’ont acceptée.

Confirmez-vous que les nouvelles mesures seront soumises au Parlement ?

Le Premier ministre a annoncé vouloir présenter ces avancées devant le Parlement à la rentrée. Rendez-vous en septembre.

Quels enseignements tirez-vous de cet échec ? Le dialogue social est-il abîmé pour longtemps ?

Je n’ai aucun regret, ni sur la méthode ni sur l’objectif du conclave. Discuter n’est jamais un échec et chercher le compromis n’a rien d’une compromission. Un compromis, ce n’est pas un accord mou, c’est une avancée sur des sujets clivants, dans l’intérêt des Français. Le dialogue social est une richesse démocratique. On oublie trop souvent qu’il ne se résume pas aux éclats médiatiques. Des accords discrets mais structurants – comme ceux de novembre sur l’assurance chômage, l’emploi des seniors, les parcours syndicaux ou celui signé cette semaine même sur les transitions professionnelles – changent concrètement la vie des salariés. Peut-être que celui issu de ce conclave le fera aussi, d’ici deux ou trois semaines. Il faut aussi laisser du temps au dialogue social, surtout sur des sujets si complexes.

« Nous devons ouvrir un débat national lucide, sérieux, apaisé »

Avec le recul et votre expérience du public et du privé, a-t-on eu tort de s’arc-bouter sur la borne d’âge plutôt que d’ajuster le système en faisant évoluer le nombre d’annuités ?

Les circonstances n’ont pas permis ce débat. Je pense qu’il pourra s’ouvrir et être tranché pendant la campagne présidentielle. En tout cas, les partenaires sociaux du conclave n’ont pas remis en cause ce choix en échange d’une hausse des annuités. Et rappelons qu’il n’y a pas un âge légal unique, mais plusieurs. Carrières longues, invalidité, inaptitude… : 35 % des départs se font aujourd’hui de manière anticipée via des mécanismes dédiés. Je pense surtout qu’un système de retraite ne devrait pas se réformer tous les cinq ans dans la douleur, mais s’ajuster, se piloter en continu selon la démographie et l’économie, pour rester stable et pérenne. Un autre acquis du conclave est aussi d’avoir dédramatisé la capitalisation comme complément à la répartition. Quinze millions de Français y ont déjà recours, privé ou collectif. Les conditions sont réunies pour un débat plus serein à l’avenir.

Le sujet du financement de la protection sociale par le travail est une spécificité française. Souhaitez-vous le revoir ou, en tout cas, ouvrir le débat avant 2027 ? Le peut-on ?

En France, la protection sociale est majoritairement financée par le travail – à hauteur de 65 %. Or, une partie de cette protection couvre des risques dits « universels » – santé, dépendance, famille –, qui concernent l’ensemble de la population et pas uniquement les actifs. Cela se traduit par un écart significatif entre le coût total supporté par l’employeur (le « super brut ») et le revenu net que touche le salarié. Il en résulte un double effet néfaste : un coût du travail élevé pour les entreprises et un pouvoir d’achat limité pour les travailleurs. Face à cette réalité, trois questions distinctes doivent être posées. La première est celle du niveau global de protection sociale : où placer le curseur entre solidarité nationale et responsabilité individuelle ? Dépensons-nous ce que nous devons ou pouvons-nous optimiser notre modèle ? Comment ?

La deuxième porte sur le périmètre de ce que nous souhaitons continuer à financer par le travail. Cette réflexion est indispensable pour déterminer dans quelle mesure les cotisations sociales peuvent être allégées, lesquelles et dans quelles proportions. Enfin, si certaines charges ne sont plus portées par le travail se pose la question du financement alternatif. Je ne me prononce pas à ce stade sur un mécanisme en particulier. En octobre prochain, la Sécurité sociale fêtera ses 80 ans. Ce cap nous invite à un débat national lucide, sérieux, apaisé. C’est dans cet esprit qu’avec Catherine Vautrin, nous préparons actuellement une grande conférence sociale rassemblant responsables politiques, économistes et partenaires sociaux, pour tracer collectivement l’avenir de notre modèle.

Faut-il s’y attaquer dès le prochain budget ?

Je laisse au Premier ministre le soin de discuter de ces questions à partir de la mi-juillet, au moment où il présentera ses arbitrages pour le budget 2026. Mais nous ne pourrons faire l’économie d’un débat sur cette question parce que la France se caractérise par rapport aux autres pays européens par une participation beaucoup plus élevée du travail dans le financement de la protection sociale et que cela nous handicape lourdement.

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