
Le bout de bois le plus célèbre de France est soulevé par les Rouge et Noir. À l’issue d’une finale incertaine jusqu’au bout face à l’Union Bordeaux-Bègles, les Marchand, Flament, Graou, Ntamack, et autre Cros portent en triomphe le Bouclier de Brennus. Déclaration au micro de Canal+ de Matthieu Jalibert : « Ils ont été constants, on s’est accrochés, la pièce n’est pas tombée du bon côté. Je suis fier du groupe. Ça fait ch… de perdre comme ça mais bravo à eux ! »
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Tout avait pourtant débuté sereinement. Le calme avant la tempête. À 20h45, la cérémonie d’ouverture, mise en scène par Benjamin Millepied, chorégraphe de renommée mondiale, offre quelques minutes de douceur. Plusieurs dizaines d’artistes dansent sur la pelouse qui n’a pas encore été abîmée par les crampons des furieux acteurs qui s’apprêtent à débouler. Dans les vestiaires, à l’abri des huées, le président de la République a salué les deux équipes. Quand elles pénètrent sur le terrain, la foule hurle les noms. Après la traditionnelle Marseillaise, le match commence sous un ciel encore bleu tandis que seules les rangées les plus hautes restent ensoleillées.
La partie commence piano, piano. Une sorte de round d’observation où les pénalités (3) du demi de mêlée Maxime Lucu répondent à celles (2) de l’arrière haut-garonnais Thomas Ramos. La demi-heure de jeu approche et la torpeur gagne les près de 80 000 spectateurs. C’est alors que le scenario s’accélère. Romain Ntamack, pièce essentielle du dispositif toulousain, sort. Son dentier connecté aurait « sonné », synonyme de protocole commotion cérébrale à effectuer (qui s’avérera négatif). Dans la foulée, comme si cette mauvaise nouvelle avait boosté ses camarades, ils inscrivent, sur une pénalité rapidement jouée à la main, un premier essai par l’intermédiaire d’Anthony Jelonch (31e). L’histoire est belle quand on sait que le puissant troisième ligne a raté les deux précédentes finales après avoir été victime d’une rupture des ligaments croisés, d’abord au genou gauche puis au droit.
Dans la foulée, ou presque, l’un des serial-marqueurs de l’UBB, Damian Penaud, déboule sur son aile droite pour aller aplatir (35e) et redonner un court avantage aux siens. Ils n’ont pas le temps d’en profiter. Puisque sur un joli ballon porté, le « flanker » anglais du Stade Toulousain Jack Willis trouve l’en-but (39e). À la mi-temps, les doubles tenants du titre mènent 20 à 16.
Les enjeux sont connus. Les hommes d’Ugo Mola veulent confirmer leur hégémonie sur le championnat de France (23 Boucliers de Brennus soulevés depuis 1912). Ceux de Yannick Bru visent le doublé Coupe d’Europe-Top 14. L’an dernier, leur première finale nationale avait tourné à l’humiliation (59 points encaissés pour seulement 3 inscrits). Depuis, l’eau de la Garonne a coulé sous les ponts. D’équipe qui monte, les Girondins, sont devenus le club à battre. Les Rouge et Noir l’ont appris à leurs dépens. Trois affrontements cette saison pour autant de défaites.
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La finale aura été irrespirable jusqu’au bout
Après la pause, Romain Ntamack revient sur la pelouse. En tribune, il y a son complice de la charnière centrale, Antoine Dupont, toujours convalescent depuis sa blessure à la fin de l’hiver avec le XV de France. Matthieu Jalibert, auteur d’une saison de très haut niveau, marque (42e). Mais comme en première période, l’UBB a à peine le temps de profiter de son avantage retrouvé au tableau d’affichage que Jack Willis, encore lui, aplatit (45e) Un carton jaune (Pierre Bochaton) et deux pénalités contre eux n’arrangent pas les affaires des Bordelais. Le premier véritable écart est creusé (33-23). À dix minutes de la fin, l’Argentin Guido Petti inscrit un essai – transformé – qui redonne l’espoir au peuple girondin. Alors que la sirène retentit, le coup de pied précis et imperméable à la pression de Maxime Lucu (81e) envoie les siens en prolongations. Dans le stade, l’ambiance devient irrespirable. Jusqu’à deux pénalités toulousaines à la 95e et sur la sirène de l’implacable Thomas Ramos. Toulouse fait le triplé, l’UBB se jure déjà revenir l’an prochain.
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