
Dans une autre vie, Jean-Luc Mélenchon appelait à s’attaquer aux causes profondes des migrations. C’était même écrit noir sur blanc dans le programme de La France insoumise en 2017 : « Émigrer est toujours une souffrance pour celui qui part […] La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi. » Huit ans plus tard, le leader Insoumis a tourné casaque. Celui qui, en 2017, dénonçait avec force l’« arrachement » des exilés lors d’un meeting resté célèbre sur le Vieux-Port de Marseille, a depuis amorcé un virage stratégique.
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Désormais, son populisme est devenu un communautarisme. Le calcul est limpide : consolider son socle dans les grandes villes et les quartiers populaires en mobilisant l’électorat français issu de l’immigration, en s’emparant des causes perçues comme centrales à ses yeux. C’est dans cette logique que s’inscrivent le soutien appuyé de La France insoumise à la cause palestinienne, la dénonciation systématique de prétendues « violences policières », l’adoption tardive du terme « islamophobie », ou encore ses odes à la « créolisation », ce métissage culturel censé incarner l’avenir du pays. Dernière trouvaille de Jean-Luc Mélenchon, le concept de « Nouvelle France ».
Évitant soigneusement de condamner frontalement le voile, il souligne que le seul texte religieux imposant son port se trouverait… chez saint Paul
Il en a donné un aperçu lors d’un entretien paru jeudi sur sa chaîne YouTube sobrement intitulé « 3 heures pour penser le XXIe siècle avec Jean-Luc Mélenchon »… Interrogé sur la question du peuple et de l’identité nationale, le chef de file Insoumis défend le brassage culturel et démographique comme une réalité irréversible à laquelle il faudrait non seulement s’adapter, mais qu’il appelle à embrasser : « On ne va pas dire aux gens ‘‘Mourez dans la Méditerranée’’. Je préfère qu’ils soient vivants et qu’ils viennent ici avec nous épouser nos filles et nos gars. »
Sur la question du port du voile aussi, le propos est édifiant. Ardent défenseur d’une laïcité stricte à ses débuts, Jean-Luc Mélenchon qualifiait encore, en 2010, le port du voile de « pratique répugnante et obscène ». Quinze ans plus tard, le ton a changé. Évitant soigneusement de condamner frontalement le voile, il souligne que le seul texte religieux imposant son port se trouverait… chez saint Paul. De l’universalisme républicain à l’exaltation des identités, rarement une personnalité politique n’aura opéré une telle volte-face philosophique.
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