
Un mois après les émeutes post-Ligue des champions et une semaine après les heurts en marge de la Fête de la musique, Paris fait de nouveau parler d’elle à l’étranger. Cette fois, c’est le harcèlement de rue qui a été épinglé sur les réseaux sociaux, par le président du Salvador Nayib Bukele. « Ne vous méprenez pas, j’adore vivre à Paris, mais ce n’est pas pour les faibles, confie entre deux sanglots une jeune femme, dans une vidéo en anglais publiée sur X et relayée par le chef d’État. J’aimerais pouvoir sortir tout de suite et profiter de la vie, mais j’ai été tellement harcelée dans cette foutue ville que j’ai peur d’aller où que ce soit toute seule. »
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Le dirigeant salvadorien tire de cette séquence l’analyse suivante :« Voilà le résultat de la glorification des criminels à Paris. Qui épargne le loup sacrifie le mouton. » Le patron d’X, Elon Musk, a abondé dans ce sens : « Si vous épargnez le loup, vous sacrifiez le mouton. »
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En creux, Nayib Bukele promeut ainsi le modèle sécuritaire qui l’a rendu célèbre dans le monde. Depuis mars 2022, le Salvador a instauré un état d’urgence permettant des arrestations sans mandat, afin de lutter contre le narcotrafic. Ce qui a conduit, selon les autorités, à plus de 86 000 interpellations, provoquant l’indignation d’ONG de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent de multiples abus. « Je me fiche qu’on me traite de dictateur », a balayé le président salvadorien, le 1er juin dernier, lors d’un discours à la nation. « Je préfère qu’on me traite de dictateur plutôt que de les voir tuer des Salvadoriens dans les rues », avait-il insisté. Les résultats sur le plan sécuritaire sont, de fait, incontestables : en 2019, le nombre d’homicides culminait à 87 pour 100 000 habitants dans le pays ; en 2023, il était tombé à 2,41 pour 100 000 habitants.
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Proche de l’administration Trump, avec qui il collabore étroitement sur la gestion de l’immigration clandestine et l’incarcération des criminels, Nayib Bukele a en revanche la dent dure envers les autorités françaises. Ce matin du 29 juin, le dirigeant avait raillé un défilé politique à la Fashion Week de Paris, qui dénonçait l’univers carcéral salvadorien. « Nous sommes prêts à les envoyer à Paris dès que nous recevrons le feu vert du gouvernement français », avait-il lancé sur X.
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