
L’ambiance était électrique dès les premières secondes. Ce lundi matin, Sonia Mabrouk recevait Manon Aubry dans la matinale de CNews et Europe 1. Face à la coprésidente du groupe de la gauche radicale au Parlement européen, la journaliste a brandi une photo de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien détenu en Algérie depuis novembre dernier, et lancé : « Vous n’avez pas honte ? »
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En cause : l’abstention de l’eurodéputée insoumise sur une résolution du Parlement européen demandant la libération de l’artiste, critique du régime algérien. « Ce texte risquait de tendre davantage les relations entre l’UE et l’Algérie, se défend Manon Aubry. La question, c’est : comment faire sortir Boualem Sansal de prison ? Par la confrontation ou par la diplomatie ? » Elle affirme que sa position, initialement décriée, « est désormais partagée par beaucoup ».
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Pour rappel : le 23 janvier dernier, le Parlement européen a massivement adopté une résolution demandant la libération « immédiate et inconditionnelle » de Boualem Sansal, arrêté à Alger pour ses critiques envers le régime. Le texte, soutenu par 533 eurodéputés contre 24, dénonçait aussi la répression des journalistes et militants en Algérie, et appelait à réformer le pays dans un sens plus démocratique. Parmi les eurodéputés français, quatre élus LFI – Rima Hassan, Anthony Smith, Arash Saeidi et Emma Fourreau – ont voté contre, tandis que Manon Aubry et Younous Omarjee se sont abstenus.
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« Un écrivain ne doit pas être emprisonné pour ses idées, quelles qu’elles soient »
Sonia Mabrouk insiste, évoquant « le combat de Boualem Sansal contre l’islamisme et l’antisémitisme ». L’élue LFI répond qu’elle « combat toutes les discriminations », tout en replaçant le débat sur le terrain des droits fondamentaux : « Un écrivain ne doit pas être emprisonné pour ses idées, quelles qu’elles soient. »
Le 27 mars dernier, Boualem Sansal a été condamné à cinq ans de prison et à une amende de 500 000 dinars, soit environ 3 500 euros. Le procureur avait requis dix ans de prison et un million de dinars d’amende à l’issue d’un procès expéditif qui n’avait duré qu’une demi-heure. Mais Boualem Sansal a fait appel de cette décision. La justice algérienne lui reproche certaines déclarations tenues en octobre 2024 auprès du média Frontières. L’écrivain avait estimé que le territoire du Maroc avait été tronqué sous la colonisation française au profit de l’Algérie.
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