Quand le sport à la télé forgeait des passions
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Jean-François Pérès
30/06/2025 à 15:27

Avant de mettre cette chronique sur pause pour quelques semaines, j’ai parcouru l’agenda sportif estival. De Wimbledon au Tour de France en passant par l’Euro féminin de football, les prochaines semaines seront riches en émotions et vous n’en raterez rien dans le JDD. Mais la recension a eu un effet inattendu, celui de me transformer un instant en personnage de l’effrayante série américaine Au cœur du temps, celle où des scientifiques s’engouffraient dans leur invention, le « chronogyre », un tunnel en forme de spirale qui les téléportait dans le passé… sans espoir de retour. Comme Les Envahisseurs ou Hawaii Police d’État, Au cœur du temps était un temps fort de mes étés cathodiques (en noir et blanc) au tournant des années 1970 et 1980.
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Ces deux mois de vacances étaient magiques : plus de réveil à 6h30 pour attraper le bus de l’école ni de coucher à 21 heures qui privait systématiquement de la fin des matchs (les parents étaient intraitables mais on glissait subrepticement un transistor radio sous l’oreiller), le temps qui s’étirait avec langueur sous le soleil provençal, le chant des cigales… et les grands événements de sport pour rythmer les journées. Avec seulement trois chaînes, on les dégustait avec autant de délectation que Christian Quidet, voix so british du tennis de l’époque, ses londoniennes fraises à la crème.
De doux souvenirs
L’après-midi était dédié à « Sports été » et son fameux générique : musique des Chariots de feu de Vangelis et images au ralenti de têtes d’affiche dont le skieur nautique Patrice Martin, l’une des stars de ma génération. Tantôt reporter, tantôt présentateur, Daniel Cazal multipliait les facéties ; sa décontraction m’épatait. Pendant le Tour de France, les siestes étaient plus longues les jours d’étapes « pour les sprinteurs » que lors des épiques ascensions alpestres accrochées à la roue de Bernard Hinault, héros bougon et implacable. Quand l’émission se terminait, tous les minots du quartier prenaient leurs vélos, leurs ballons, leurs raquettes et des compétitions s’improvisaient jusqu’à la nuit.
Si je dois ne retenir qu’un seul souvenir de ces jours heureux, c’est un match de Coupe Galéa (la Coupe Davis des jeunes) en 1978. L’affiche, France Tchécoslovaquie. Les joueurs français, Yannick Noah, Gilles Moretton et Pascal Portes. En face, Ivan Lendl. Aux commentaires, Roger Couderc. « Les petits » (les Français) avaient gagné… La télé n’aura pas fait de moi un champion mais elle aura suscité suffisamment de passion pour me réveiller chaque matin depuis lors avec l’envie de vous conter leurs extraordinaires destins.

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