
Des députés du groupe Écologiste et Social veulent abattre la « tyrannie du fait divers », pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron. Le 10 juin dernier, le président avait reproché aux médias de faire « suivisme de l’actualité » et de « brainwasher (laver le cerveau, NDLR) sur l’invasion du pays ». Une fois n’est pas coutume, il semble avoir convaincu sur les bancs de l’aile gauche de l’Assemblée nationale, puisque plusieurs parlementaires ont signé un amendement visant à « mener une réflexion éditoriale sur la place qu’occupent les faits divers dans la couverture de l’actualité » des médias publics.
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Déposé le 25 juin par une quarantaine de députés — parmi lesquels Alexis Corbière, Clémentine Autain, Sandrine Rousseau ou François Ruffin — cet amendement s’inquiète de « l’instrumentalisation des faits divers, devenue méthode de cadrage de l’information sur certaines chaînes privées comme CNews ». « Le meurtre de Lola, à Paris en 2022, et celui de Thomas, à Crépol en 2023, ont été l’occasion de véritables campagnes de diffusion d’une sémantique racialisante de la part de représentants politiques, d’éditorialistes et de médias d’extrême droite », estiment-ils.
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Outrés par l’emploi des termes « francocide » par Éric Zemmour et « ensauvagement » par Gérald Darmanin, les députés regrettent que les faits divers soient « devenus des armes courantes dans les luttes politiques et idéologiques ». Selon eux, ces actualités ne devraient pas servir de relais à des discours politiques « extrémistes » ou à des « paniques morales » qui contribuent à polariser l’opinion publique. S’ils reprochent avant tout aux « médias classés à l’extrême droite » de se faire les « haut-parleurs de visions du monde réactionnaires, sécuritaires et racistes, centrées en particulier sur la menace que constituerait l’immigration pour la sécurité et l’unité de la nation », ils craignent une diffusion plus large de ces idées, notamment sur le service public.
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Et comptaient bien l’empêcher en légiférant. Sauf que… les députés ont rejeté dès le début des débats, lundi 30 juin, la réforme de l’audiovisuel public défendue par la ministre de la Culture Rachida Dati. La proposition de loi est désormais entre les mains du Sénat. Reste à voir si cet amendement sera repris par un sénateur. Pour l’instant, la chambre haute du Parlement a approuvé le texte en commission. Ce dernier prévoit de créer le 1er janvier 2026 une holding, France Médias, chapeautant France Télévisions, Radio France et l’Ina (Institut national de l’audiovisuel).
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