
Emmanuel Macron est un chef sans orchestre. En déplacement dans l’Aveyron, il a cru bon de recadrer ses ministres comme un proviseur en fin de carrière : « Il faut discipliner la parole, dit-il. Si chacun s’occupe de tout, ce n’est plus un gouvernement. » Mais le président semble découvrir la lune : ce gouvernement n’a jamais été un gouvernement.
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Dernier exemple : le bras de fer entre Bruno Retailleau et l’aile gauche sur les énergies renouvelables. Bruno Retailleau ose toucher à un tabou : couper les subventions à l’éolien et au solaire, et miser sur le nucléaire. Tollé immédiat. Gabriel Attal l’attaque sur X, Agnès Pannier-Runacher dégaine l’accusation de « populisme ». Et Emmanuel Macron préfère recadrer le ministre de l’Intérieur…
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Et c’est bien là le problème. Ce recadrage sonne faux car il est à géométrie idéologique. Bruno Retailleau, depuis son arrivée à Beauvau, se fait canarder par l’aile gauche de la Macronie. Quand Agnès Pannier-Runacher ou Élisabeth Borne le contredisent publiquement sur ses sujets régaliens, le président ne dit rien. Triste symbole d’un pouvoir désaccordé, replié sur lui-même, qui n’a plus d’autorité.
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D’autant plus que cette instabilité, cette cacophonie, elle ne tombe pas du ciel : c’est Emmanuel Macron qui l’a organisée. C’est lui qui a craqué l’allumette, en dissolvant l’Assemblée l’an dernier. Un coup de poker solitaire, brutal, dont la seule certitude fut la défaite. Résultat : une majorité pulvérisée, un pays paralysé, et un président devenu spectateur de sa propre impuissance.
Depuis, l’exécutif ne gouverne plus, il improvise. Chaque ministre joue sa partition, chaque courant impose sa ligne. Et le chef de l’État fait l’inverse de ce qu’il affirme. Un jour, il dénonce le « brainwashing » autour des faits divers. Le lendemain, il parle d’un « déferlement de violence insensé ». Macron ne change pas d’avis, il change de ton.
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Son flou permanent sur le conflit entre Israël et les islamistes en est une illustration. Tout comme sa prudence gênée face aux régimes autoritaires qui détiennent des ressortissants français. Cécile Kohler, Jacques Paris, Christophe Gleizes, Boualem Sansal… et tant d’autres attendent encore que la parole présidentielle redevienne une parole d’État.
La France, jadis championne du nucléaire, importe du charbon allemand et dépend des caprices de l’éolien chinois
Ce recadrage est d’autant plus étonnant que sur l’énergie, le vrai responsable, c’est lui. Emmanuel Macron accuse Bruno Retailleau de freiner la transition énergétique, mais c’est lui qui l’a sabordée. Il a fermé Fessenheim, refusé de lancer de nouveaux réacteurs pendant cinq ans, démantelé EDF, étranglé son financement et bradé notre souveraineté à Bruxelles.
Résultat : la France, jadis championne du nucléaire, importe du charbon allemand et dépend des caprices de l’éolien chinois. Macron a voulu contenter tout le monde. Une politique du en même temps absurde, qui nous a menés droit dans le mur. Et aujourd’hui, il voudrait recadrer ceux qui tentent de redresser la barre ?
Bruno Retailleau, lui, dit ce que plus personne n’ose dire : que les subventions aveugles au renouvelable, les ZFE délirantes et les oukases verts étranglent notre industrie. Et il n’est pas seul : le RN aussi assume ce débat, avec une clarté qu’Emmanuel Macron n’a jamais eue. Ce n’est ni Bruno Retailleau ni le RN qu’il faut recadrer. C’est Emmanuel Macron qu’il faut ramener sur terre. Après huit ans de zigzags, de renoncements et de mise en scène, il ne reste qu’un président sans cap, sans relais… et sans autorité.
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