
Après le périphérique parisien, bientôt les autoroutes à 50 km/h ? C’est l’idée avancée par une poignée d’élus de gauche franciliens, emmenés par l’intercommunalité Est Ensemble (Montreuil, Bagnolet, Bobigny…). Objectif : « apaiser » les grands axes qui traversent la Seine-Saint-Denis, en les métamorphosant d’ici 2032 en boulevards urbains plus verts, moins bruyants et surtout… beaucoup plus lents.
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Dans leur viseur : l’A3 et l’A86, deux artères cruciales du réseau francilien. Dans un plaidoyer publié à l’automne 2024, les élus esquissent un plan en plusieurs étapes. Dès 2026, la vitesse serait abaissée à 70 km/h, accompagnée d’un rétrécissement des voies. À terme, ces axes deviendraient des routes multi-usages : pistes cyclables, voies de bus, espaces piétons, et limitation fixée à 50 km/h.
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Une utopie urbaine pour certains, une nécessité sanitaire pour d’autres. Selon Est Ensemble, 40 % de ses habitants vivent à moins de 500 mètres d’une autoroute. À la porte de Bagnolet, début de l’A3, les concentrations de dioxyde d’azote frôlent huit fois la norme fixée par l’OMS.
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« On ne peut pas traiter cela
chacun dans son coin »
Le 1er juillet, les porteurs du projet ont réuni à Romainville une cinquantaine d’élus d’Île-de-France – majoritairement de gauche – pour prôner une approche métropolitaine du sujet. « On ne peut pas traiter cela chacun dans son coin », martèle Gaylord Le Chéquer, premier adjoint au maire de Montreuil en charge des transports, auprès du Figaro. Il évoque un « effet domino » similaire à celui observé dans d’autres villes.
Leur inspiration ? Neuilly-sur-Seine, où le maire (divers droite), Jean-Christophe Fromantin, a transformé l’avenue Charles-de-Gaulle en artère apaisée avec contre-allées à 20 km/h. Ou encore Lyon, qui a décliné sur 16 kilomètres les autoroutes A6 et A7 en voies urbaines. Sans oublier Barcelone et son emblématique avenue Meridiana.
En Île-de-France, certaines expérimentations ont déjà démarré. À La Courneuve, un tronçon de l’A86 roule depuis l’automne 2024 à 70 km/h. Une initiative encouragée par les récents résultats sur le périphérique parisiens, jugés « encourageant » après sept mois d’expérimentation.
Mais au sommet de l’État, on freine des quatre fers. Invité ce jeudi 4 juillet sur Europe 1 et CNews, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, s’est montré prudent : « Avec le préfet de police, nous n’étions déjà pas favorables à cette mesure sur le périphérique. » Et d’ajouter : « Cela ne doit pas se faire au détriment des automobilistes. »
« Si c’est concluant, pourquoi pas »
Pas question toutefois de balayer la proposition d’un revers de main. « Observons les effets sur la pollution et la circulation. Si c’est concluant, pourquoi pas », conclut le ministre. En attendant, la gauche francilienne continue de militer pour un futur à 50 km/h… quitte à s’attirer les foudres des accros du volant.
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