
Il fallait le voir, jeudi soir, lors de la traditionnelle présentation des équipes sur la Grand’Place de Lille, jeter façon empereur son bob officiel à un public enthousiaste qui n’en demandait pas tant. À 26 ans seulement, « Pogi » est une superstar dans son pays et une célébrité tout court quand il prend le départ d’une course. L’an dernier, non content d’avoir remporté son premier Giro en écrasant la concurrence (six étapes et dix minutes d’avance sur son dauphin au classement général, le Colombien Daniel Martinez), le Slovène de Komenda s’était montré aussi intraitable sur les routes de France (encore six étapes glanées et en jaune sans discontinuer de la 4e journée jusqu’aux Champs-Élysées). Pour couronner le tout, il devenait champion du monde fin septembre en Suisse.
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Cette saison, le nouveau cannibale du cyclisme (déjà trois Tours à son actif en 2020, 2021 et 2024) a outrageusement dominé les classiques de printemps : Strade Bianche, Tour des Flandres, Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège et « seulement » deuxième de Paris-Roubaix, qu’il découvrait, derrière le spécialiste des pavés, Mathieu van der Poel. Est-il encore plus fort que l’année dernière ?
« Ma saison est parfaite jusqu’ici et c’est un honneur d’être favori », concède Tadej Pogacar avec ce sourire qu’il affiche en toutes circonstances. Pour l’accompagner durant trois semaines, il pourra compter sur ses fidèles lieutenants Adam Yates et Marc Soler, sur le Portugais João Almeida (récent lauréat du Tour de Suisse) ou encore Pavel Sivakov. Le Français d’origine russe raconte au JDD sa confiance en son leader chez UAE : « On a tous un rôle à jouer, même si parfois, on a l’impression qu’il gagnerait sans notre aide. »
Son principal concurrent est Jonas Vingegaard (28 ans), le seul à avoir vaincu Pogacar en 2022 et 2023 grâce notamment à l’armada de la Visma, l’une des meilleures formations du monde. Il y a un an, le Danois, qui revenait de blessure, laissait filer le maillot jaune. « Je suis plus fort que jamais », assure-t-il avec son flegme nordique, poursuivant : « Je suis plus lourd que l’an dernier mais c’est du muscle, et on sait que ça donne de la puissance. » Pas certain que la recette suffise à inverser la tendance…
En juin, lors du critérium du Dauphiné – souvent considéré comme une répétition de la Grande Boucle –, Pogacar avait gagné devant Vingegaard, sans pour autant donner l’impression de forcer son talent. De là à penser qu’il n’y aura pas de suspense ? Ce serait exagéré.
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Car, même s’il tombe peu, le vainqueur sortant n’est pas à l’abri d’une chute ou d’un fait de course. Et puis, d’autres coureurs sont en embuscade. À l’image du Belge Remco Evenepoel (25 ans) qui lâche : Tadej et Jonas « ont gagné les cinq dernières éditions du Tour, je suis ici pour tenter de rivaliser avec eux, leur compliquer la vie. » Pour la beauté du spectacle, ce serait bien !
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