Un dernier slalom ahurissant à la 97e minute. Achraf Hakimi efface les défenseurs du Bayern de Munich un à un, comme des plots. Il lève la tête, voit Dembélé au point de penalty. Centre en retrait, plat du pied décroisé et but de l’international français. Classique ? Pas à neuf contre onze, pas quand on mène 1-0 et qu’on est censé « mettre le bus » ou les barbelés devant ses propres cages pour défendre l’avantage. Mais ce PSG n’est définitivement pas une équipe comme les autres. Même dans des circonstances contraires comme ce fut le cas hier soir, elle ne panique pas, déroule son football et terrasse tous ses adversaires.
« C’était très important pour nous de remporter cette rencontre, jubilait l’autre buteur du soir Désiré Doué au micro du diffuseur Dazn. On voulait montrer ce qu’on avait dans le ventre. » À ce rythme, tout le monde voudra savoir ce qu’il contient. Paris est en demi-finale de la Coupe du monde des clubs, ce sera jeudi (21 h) face au Real Madrid ou au Borussia Dortmund (le résultat du match ne nous était pas parvenu avant le bouclage, décalage horaire avec les États-Unis oblige) et le rêve d’avoir absolument tout gagné en cette saison interminable mais historique ne tient désormais plus qu’à deux matchs.
« On va jouer ce quart comme une finale », assurait pourtant avant le coup d’envoi le défenseur français du Bayern Dayot Upamecano. Il y a huit mois, une éternité, les deux équipes s’étaient affrontées lors de la phase de groupe de la Ligue des champions et les Bavarois s’étaient imposés (1-0). Ce soir-là, Ousmane Dembélé avait été expulsé et aucun de ses coéquipiers ne l’avait oublié.
Paris subissait, Paris reculait, Paris encaissait
« Il y avait un sentiment de revanche », admettra Doué. Devenu en l’espace d’un semestre céleste l’un des grands favoris pour le Ballon d’or 2025 avec plusieurs de ses coéquipiers, Hakimi et Vitinha en tête, l’ailier encore convalescent était le seul absent notable du onze de départ de Luis Enrique.
En mémoire de Diogo Jota
Dans une immense Mercedes-Benz Arena d’Atlanta bien remplie mais loin d’être comble, les 22 acteurs se retrouvaient autour du rond central pour une poignante minute de silence en mémoire de Diogo Jota, la star portugaise de Liverpool, décédé jeudi dans un accident de la route avec son frère André Silva. Le plus bel hommage à rendre étant d’offrir le meilleur spectacle possible, Parisiens et Munichois partirent allègrement à l’assaut des buts adverses, multipliant inspirations et combinaisons léchées malgré la chaleur (31°).
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De la première période, on retiendra deux gestes côté PSG : l’ouverture géniale de Doué vers Hakimi pour un contre finalement avorté (25e) et le double arrêt façon grande époque de l’éternel Manuel Neuer (39 ans) devant Kvaratskhelia (35e). Au Bayern, très en jambes à l’image de Kingsley Coman, on avait mis plusieurs fois Donnarumma à l’épreuve, comme sur ce centre-tir vicieux et à rebond de Pavlovic (41e) contraignant le portier italien à déplier son mètre quatre-vingt-seize ou cette mine de Michael Olise superbement détournée quelques minutes plus tôt (25e).
Paris subissait, Paris reculait, Paris encaissait même un but sur une tête d’Upamecano dans le temps additionnel (45e+1) mais l’ancien Valenciennois était largement hors-jeu. Bousculé comme rarement ce dernier semestre et physiquement quelconque, ce PSG n’était pas mécontent de regagner les vestiaires sans dommages. L’occasion de se souvenir que la bande à Marquinhos jouait hier son… 63e match d’une saison débutée il y a quasiment un an !
La blessure choquante de Musiala
À la reprise, le Bayern confirmait le diagnostic des terribles images : le remplacement de Jamal Musiala, cheville sans doute fracturée dans un duel en toute fin de période avec Donnarumma. Le rythme et l’intensité de la partie n’en pâtissaient pas pour autant. À la 49e minute, « Kvara » enroulait idéalement sa frappe mais trouvait un Neuer monumental sur son chemin. Coman lui répondait quatre minutes plus tard mais Donnarumma se montrait tout aussi intraitable.
Désiré Doué, héros de Munich, homme des grands rendez-vous
À vingt minutes de l’éventuelle prolongation, il était temps de faire entrer le facteur X, Ousmane Dembélé, plus revu sur un terrain depuis un mois et un épique Espagne-France (5-4). Revenu selon ses dires « à 100 % », le champion du monde 2018 était tout près d’ouvrir le score après une relance ratée de Neuer mais son ballon frôlait le poteau (75e).
C’était reculer pour mieux sauter : au terme d’une action qui rappelait les grandes heures de la Ligue des champions, l’indispensable João Neves décalait Doué dont la frappe du gauche à ras-de-terre et à contre-pied trompait enfin Neuer (1-0, 78e). Désiré Doué, héros de Munich, homme des grands rendez-vous. Mais alors qu’on pensait les Parisiens libérés, Pacho s’essuyait maladroitement les crampons sur le tibia de Goretzka et recevait un rouge direct (82e). Devant au score mais réduits à dix, le PSG faisait le dos rond, Lucas Hernandez était expulsé à son tour pour un coup de coude sur le visage de Guerreiro (90e+2), déclenchant la fureur passagère de Luis Enrique. Hakimi n’allait plus tarder à démarrer son incroyable slalom.
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