
Les mots ont un poids, surtout lorsqu’ils viennent d’une responsable politique nationale. En annonçant, avec le ton du défi, que les municipalités dirigées par La France insoumise désarmeraient leurs policiers municipaux et supprimeraient leurs dispositifs de vidéoprotection, Mathilde Panot a franchi une ligne. Ce n’est pas seulement une provocation. C’est une remise en cause du rôle des maires dans la chaîne républicaine. Et c’est une vision dangereuse de l’ordre public : celle d’un désarmement volontaire face à la montée des violences.
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Cette déclaration révèle, au fond, une idéologie : celle d’une extrême gauche radicale qui préfère désarmer la République plutôt que ses ennemis. Une extrême gauche qui fait du désordre un outil politique, et de l’inversion des responsabilités un réflexe. Elle prétend défendre les libertés, mais sacrifie en réalité la sécurité des plus modestes.
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Car ce sont les communes rurales, les villes moyennes, les quartiers périphériques – là où l’État recule trop souvent – qui ont le plus besoin de leurs policiers municipaux. Proches, visibles, réactifs, ils incarnent une présence rassurante dans un monde où les agressions ne sont plus des faits divers, mais un quotidien. Nous saluons à l’inverse les travaux pragmatiques et mesurés, qui visent à donner aux polices municipales les moyens de répondre à une réalité désormais installée : celle d’une insécurité du quotidien, diffuse, violente, parfois organisée, qui ne s’arrête ni aux frontières des métropoles ni aux limites des départements.
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« À celles et ceux qui rêvent d’une société désarmée, sans regard et sans rappel à l’ordre, nous répondons que cette société n’existe pas »
Ce projet préserve ce qui fait l’essence de la police municipale – l’autorité du maire, la proximité avec la population, la mission de tranquillité publique – tout en proposant des évolutions utiles : inspections visuelles de coffres, possibilité d’amendes forfaitaires pour certains délits, accès renforcé aux fichiers, meilleure coordination avec les forces de sécurité intérieure, valorisation des carrières et des formations.
Il ne s’agit pas ici d’ériger un contre-modèle sécuritaire. Il s’agit de ne plus laisser seuls les élus confrontés à l’urgence et à la détresse. Il s’agit de reconnaître, sans tabou, que nos concitoyens attendent de l’ordre, de la fermeté, de la clarté dans l’action publique. Et que l’État, pour être fidèle à lui-même, ne peut se détourner de ceux qui incarnent l’autorité républicaine au quotidien.
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Ce n’est pas faire œuvre de conservatisme que d’assumer une telle ligne. C’est au contraire refuser les renoncements. C’est dire, sereinement mais fermement, que la sécurité n’est ni une option, ni un luxe, ni une affaire de posture. Elle est une condition de la liberté, de l’égalité, et surtout de la fraternité. Rappelons que ce sont les plus modestes, les plus isolés, les plus fragiles qui paient toujours, le prix du désordre et de l’insécurité.
À celles et ceux qui rêvent d’une société désarmée, sans regard et sans rappel à l’ordre, nous répondons que cette société n’existe pas. Ou plutôt qu’elle existe déjà, parfois, dans des quartiers abandonnés, dans des villages délaissés, dans ces angles morts de la République où ne subsistent que la peur et la loi du plus fort.
Nous voulons au contraire une République présente, protectrice, équitable. Une République qui regarde en face les défis de notre temps, et qui ne se résigne pas au repli ou à l’aveuglement idéologique. Une République qui, loin des coups médiatiques, des pires clientélismes, soutient ses forces de l’ordre, accompagne ses élus et donne aux polices municipales toute leur place dans la chaîne de sécurité. C’est là un devoir de lucidité, de responsabilité, mais aussi d’espoir pour les Français.
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