
« Attention, roulage », annonce l’un des trois pilotes à la radio depuis le poste de pilotage. Sur le tarmac de la base aérienne 123 d’Orléans, notre A400M effectue ses premiers mètres sous une chaleur écrasante. Il avance lentement, semble lourd, pataud. Mais lorsque le commandant de bord annonce d’un ton sec « décollage », le bruit des moteurs s’intensifie et la machine accélère. En quelques secondes, le monstre de 80 tonnes quitte la terre ferme et nous propulse vers le ciel avec ses quatre hélices et son envergure de 42 mètres. « Nous volons à 650 kilomètres à l’heure. C’est très rapide pour un appareil à hélices, la même vitesse qu’un avion de ligne avec des réacteurs, détaille le commandant Dorian. Sa spécificité militaire lui permet d’accéder à des zones très restreintes, comme des pistes sableuses ou courtes », ajoute l’officier, qui a piloté l’appareil lors des missions Barkhane, au Sahel, ou Chammal, en Irak.
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Ce mercredi 9 juillet, la mission est moins périlleuse, mais beaucoup plus prestigieuse. La feuille de route du commandant et de son équipage de quatre personnes les mène au-dessus des Champs-Élysées, dans le cadre des préparatifs du défilé aérien du 14-Juillet. « C’est une vraie fierté de participer pour la première fois à la parade en tant que commandant », ajoute Dorian. Son appareil sera le leader des quatre A400M dans le ciel de Paris, pour la fête nationale. « Il faut maîtriser différents paramètres tels que la météo, la vitesse, le timing, et tout cela dans un espace restreint au-dessus de Paris. La somme de ces éléments fait qu’il y a une forte pression », concède-t-il alors que 102 avions et hélicoptères défileront ce lundi, sous la responsabilité d’un centre opérationnel : « Le “CO” calcule à la seconde près les temps de passage de chaque aéronef au-dessus des Champs. »
C’est aussi impressionnant que frustrant, tant le passage est rapide
Comptant 22 unités dans la flotte de l’armée de l’Air et de l’Espace, l’engin conçu par Airbus Defence and Space a la capacité d’emporter une charge maximale de 37 tonnes et jusqu’à 116 passagers. Des charges extrêmement variées peuvent ainsi être englouties par ce monstre des airs : vivres, véhicules blindés, canon Caesar ou encore hélicoptères. Long de 45 mètres, l’A400M dispose d’une soute de 18 mètres et d’une rampe de plus de cinq mètres, qui lui permet de parachuter des soldats.
Une fois ouverte, c’est depuis cette rampe qu’un tableau défile sous nos yeux. D’abord les tours du quartier de La Défense, puis les toits de Paris, jusqu’au survol de la plus belle avenue du monde à une vitesse de 350 kilomètres à l’heure. C’est aussi impressionnant que frustrant, tant le passage est rapide. Nous ne sommes pas seuls, les silhouettes d’autres aéronefs dansent dans le ciel, jusqu’à la Concorde où est installée la tribune présidentielle. Il est 15h05, le passage de notre A400M est validé, à la seconde près, par le centre opérationnel. Le défilé est lancé.
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