
Des mots durs. L’accord signé à Bougival entre l’État et des représentants indépendantistes et non indépendantistes calédoniens continue de susciter de vives réactions, notamment chez les souverainistes. Qualifié d’« historique » par ses promoteurs, le texte fait l’objet d’un tir nourri de critiques de la part de figures de la droite nationale, qui dénoncent une atteinte grave à l’unité de la République. Le projet d’accord prévoit notamment la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » au sein de la République française, assorti d’une « nationalité calédonienne ». Une terminologie qui, pour certains responsables politiques, ouvre la voie à une forme d’indépendance déguisée.
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Un référendum en 2026
« Mensonge : le document présenté mène évidemment vers l’indépendance !, a accusé sur X Florian Philippot, président des Patriotes. Avec un “État” et une “nationalité” pour la Nouvelle-Calédonie ! » Même indignation du côté de Nicolas Dupont-Aignan, député et président de Debout la France : « HAUTE TRAHISON ! À la veille du 14 juillet, Macron abandonne la Nouvelle-Calédonie. Après trois référendums où les Calédoniens ont dit non à l’indépendance, l’accord de Bougival organise l’indépendance de ce territoire français du Pacifique. » Et d’appeler à « voter non au prochain référendum » portant sur cet accord, prévu en février 2026.
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L’essayiste Paul-Marie Coûteaux, fondateur du mouvement SIEL (Souveraineté, identité et libertés), fustige de son côté une « forfaiture » : « La France n’est plus rien en Nouvelle-Calédonie. Ne vous laissez pas prendre aux minables habillages et artifices de discours. » Dans la droite ligne de ces critiques, Jean-Frédéric Poisson a dénoncé un « accord scélérat signé en catimini, contre nos intérêts et contre la Constitution ». Selon le président du Parti chrétien-démocrate, « la Nouvelle-Calédonie deviendrait un État !! » en contradiction avec « trois référendums locaux ». « Le dépeçage de la France continue », s’est-il alarmé, appelant à la « censure de Bayrou et [à la] destitution de Macron. Vite. »
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Un accord largement soutenu du PS à LR
Si Marine Le Pen n’a pas encore pris publiquement position, Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale, a fait part dimanche sur LCI de ses « vives inquiétudes » quant aux formulations du texte. « Créer un État au sein de l’État français, ça pose une question importante. Créer une nationalité à côté de la nationalité française, ça pose une question fondamentale », a-t-il déclaré. Il a également mis en garde contre un volet économique « extrêmement fragile » et prévenu que le parti ne voterait peut-être pas cette modification de la Constitution.
Une prudence assumée, alors que la majorité de la classe politique, du PS à LR, a salué cet accord, y voyant une issue possible à la crise calédonienne.
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Dans l’archipel, le texte ne fait pas non plus l’unanimité. Plusieurs figures loyalistes ont dénoncé un processus opaque, quand certains indépendantistes estiment que l’accord a été signé sans mandat clair de leur base. Brenda Wanabo-Ipeze, responsable de la Cellule de coordination des actions de terrain, résume auprès de l’AFP : « Ce texte, il est signé sans nous. Il ne nous engage pas. » La révision constitutionnelle, nécessaire pour inscrire cet « État de la Nouvelle-Calédonie » dans la loi fondamentale, devra être votée par le Parlement réuni en Congrès.
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