
Dimanche dernier, instruisant le procès contre les énergies renouvelables – et leur produit vedette les éoliennes –, Pascal Praud a pensé utile de me mettre en cause en des termes qui commandent de ma part une petite mise au point. D’abord sur ma mission d’avocat dans un dossier qu’il ne connaît pas, mais sur lequel il émet un avis définitif. Il me faut donc lui rappeler que confondre l’avocat avec son client ou accuser le premier au motif que l’on conteste l’activité du second, c’est méconnaître dans un État de droit les règles de la défense.
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Il s’interroge à demi-mot sur un possible conflit d’intérêts. C’est absurde. La médiation pour laquelle je suis sollicité et que le secret professionnel m’interdit d’évoquer n’a rien à voir avec ma position personnelle sur les énergies renouvelables. D’où le caractère erroné de ces sous-entendus, sauf à considérer que le sénateur Francis Szpiner ou l’ancien ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, deux brillants avocats pénalistes, seraient complices de leurs clients lorsqu’ils parlent de procédure pénale…
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Ensuite, venons-en au fond. François Hollande, puis Emmanuel Macron, en décidant de réduire de 80 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité, ont commis une erreur impardonnable. Avec la fermeture de Fessenheim et le coût d’arrêt porté à toute la filière nucléaire, c’est notre indépendance énergétique qui a été mise en péril.
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Parallèlement, depuis quinze ans, dans le prolongement du Grenelle de l’environnement voulu par Nicolas Sarkozy, s’est développée une filière des énergies renouvelables qui regroupe le solaire, l’éolien, l’hydraulique, la biomasse et la géothermie. C’est aujourd’hui près de 30 % de notre production d’électricité.
Le nucléaire doit être notre colonne vertébrale et le renouvelable un levier complémentaire d’agilité
La droite de gouvernement est-elle obligée de faire avec le renouvelable la même erreur historique que celle de François Hollande avec le nucléaire sous prétexte que le RN nous insulte ? Certainement pas. L’indépendance de la France repose sur un mix énergétique : la capacité de produire l’énergie sur notre territoire sans avoir besoin d’importer du pétrole et du gaz qui plombent notre balance commerciale.
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Pour cela, il faut accroître la production d’électricité nationale. Le nucléaire doit être notre colonne vertébrale et le renouvelable un levier complémentaire d’agilité. La souveraineté énergétique de la France mérite mieux qu’un débat entre sectaires, qu’ils soient anti-nucléaires ou anti-renouvelables. Le pragmatisme impose de rechercher les solutions qui assurent la meilleure capacité de production au meilleur prix pour nos concitoyens. Dégainer des amendements qui promettent la réouverture de Fessenheim et la disparition des éoliennes n’est pas raisonnable. Il faut préserver l’existant et fixer le cap à long terme. C’est ce qu’a fait le général de Gaulle dans les années 1960 en décidant de subventionner le nucléaire. Et la droite en 2009 en le complétant avec le renouvelable. La sagesse commande de faire un état des lieux plutôt que laisser croire que la liberté d’opinion permet la désinformation. Car lorsque les mauvaises décisions sont prises, elles sont souvent irréversibles.
On connaît la technique des extrémistes qui réduisent une politique publique à des irritants – les éoliennes – pour radicaliser les points de vue. Il y a les médecins et les charlatans. Les premiers savent que les sujets sont complexes et exigent des réponses approfondies, là où les seconds adorent vendre des placebos. C’est ce qui fait la grandeur des partis de gouvernement face aux démagogues.
J’ai en horreur cette pensée unique qui consiste à opposer – plutôt qu’à les rassembler – les élites au « peuple qui a raison », idée géniale qui a porté tous les dictateurs au pouvoir. C’est notre droit et même notre devoir d’y résister.
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