
Lui aussi a souhaité contribuer au devoir de mémoire. Raymond Depardon, aujourd’hui âgé de 82 ans, a investi le 3e étage du Mémorial de la Shoah pour exposer pour la première fois la série de clichés en noir et blanc effectuée en 1979 à la demande du magazine Paris Match en allant au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Le photographe et réalisateur de documentaires, membre de l’agence Magnum, est resté deux semaines sur place pour les besoins de ce reportage glaçant sur le site, tout juste classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
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Ainsi, les murs des deux grandes salles qui accueillent la présentation sont entièrement recouverts par les tirages monumentaux montrant les enceintes, les barbelés, les miradors, les baraquements, les potences, les chambres à gaz, les fours crématoires, les effets personnels des victimes, de manière frontale.
Une vision de cauchemar qui témoigne de l’horreur de l’Holocauste dans un paysage enneigé, vide et silencieux, où le temps semble s’être arrêté. L’artiste est revenu vingt ans plus tard avec sa compagne, Claudine Nougaret, et leurs deux fils ; une démarche qu’ils jugeaient indispensable. On est bouleversé de se retrouver face à ces images d’une puissance inouïe, dont celle du portail avec l’inscription Arbeit macht frei (une expression allemande signifiant « le travail rend libre » et utilisée par les nazis).
Si elles ont fait le tour du monde dans les journaux et les revues, elles n’avaient encore jamais été réunies dans un livre, désormais incontournable (Calmann-Lévy). Avec la particularité qu’elles ont été prises au sol mais aussi depuis un hélicoptère pour des vues du ciel sidérantes, qui attestent de l’immensité du périmètre. On peut même observer à la loupe les planches de négatifs placées dans des vitrines.
« Ça a été l’un des plus grands chocs de ma vie, a-t-il déclaré. J’essayais de visiter peu à peu ; sans cela, j’aurais été abasourdi, je me serais assis et je n’aurais rien fait. J’ai œuvré méticuleusement, en tentant de garder mon sang-froid. »
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« Auschwitz-Birkenau vu par Raymond Depardon ». Jusqu’au 9 novembre. memorialdelashoah.org
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