
Sandrine Rousseau ne fait pas dans la demi-mesure. Interrogée sur la loi Duplomb, définitivement adoptée par le Parlement et destinée à alléger les contraintes réglementaires pesant sur les agriculteurs, la députée écologiste a lâché sans ambages : « J’en ai rien à péter de la rentabilité des agriculteurs ». Des propos qui ont suscité une levée de boucliers sur la plateforme X, au regard des difficultés économiques frappant ce secteur : le revenu moyen agricole a chuté de 40 % au cours des trente dernières années, selon l’Insee, et 18 % des agriculteurs se situent sous le seuil de pauvreté.
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Or, pour l’élue de Paris, la loi Duplomb allège les normes environnementales tout en limitant la responsabilité pénale des exploitants, sous couvert de défendre la compétitivité agricole. « La rentabilité par des produits chimiques au détriment des sols, de la biodiversité, de notre santé, ce n’est pas de la rentabilité, c’est de l’argent sale », insiste la députée. Elle pointe notamment la réintroduction de l’acétamipride, pesticide controversé qu’elle qualifie de « chlordécone d’aujourd’hui ». « Cela va rester dans la terre, polluer les sols et les cours d’eau pendant des décennies », met-elle en garde, dénonçant l’influence exercée par la FNSEA pour obtenir cette mesure.
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La mobilisation syndicale en faveur de ce texte, avec ses tracteurs déployés devant l’Assemblée nationale, a également suscité son indignation. Elle y voit des pressions « dignes d’un lobbyisme agressif », ciblant en particulier Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, qu’elle décrit comme un « chef d’entreprise de l’agro-business au chiffre d’affaires colossal ».
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Face à ce qu’elle considère comme un « retour en arrière », Sandrine Rousseau milite pour une écologie de rupture, appelant à un arrêt de l’usage des pesticides et à une réorganisation complète du modèle agricole. « On continue de faire comme si on pouvait produire toujours plus, toujours moins cher, et on en meurt », prévient-elle.
Outre la loi Duplomb, Sandrine Rousseau a fustigé la loi Clément Beaune – dite loi Gremier – qui prévoit la construction de 14 nouveaux réacteurs nucléaires dans le cadre du plan de transition écologique. Si le gouvernement présente ce texte comme équilibré, l’élue écologiste le qualifie de « hold-up du pouvoir », dénonçant une « dissociation » entre les politiques officielles et les attentes populaires.
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À un an des municipales, elle appelle à un engagement fort et cohérent : « L’écologie mérite un combat politique et non pas seulement de surfer sur une vague », a-t-elle lancé, taclant à ce sujet la patronne de son propre parti, Marine Tondelier. Une prise de position qui promet d’animer les débats à gauche dans les mois à venir.
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