
Ça passe ou ça casse. En dévoilant son plan « Stop à la dette »mardi depuis Matignon, François Bayrou a tenté de reprendre la main sur le débat budgétaire et d’envoyer un signal fort aux marchés. L’objectif est ambitieux : réduire le déficit public de 5,8 % à 4,6 % du PIB en un an, grâce à 43,8 milliards d’euros d’économies, tout en prévoyant une « année blanche » – soit sans hausse des prestations sociales ni des pensions de retraite.
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Parmi les annonces les plus symboliques figure la suppression de deux jours fériés, dont le 8 mai et le lundi de Pâques, afin de renforcer la compétitivité et dégager près de 4 milliards d’euros. « C’est tout d’abord l’État qui va montrer l’exemple », a martelé François Bayrou, promettant de stabiliser les dépenses publiques et de « réduire le train de vie » de l’administration.
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Autres points marquants du plan d’équilibre du budget : une « contribution exceptionnelle de solidarité » pour les Français les plus fortunés, accompagnée d’une lutte renforcée contre « l’optimisation abusive des patrimoines non productifs », ainsi que la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires.
La menace de censure se précise
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Ces mesures, très attendues dans un contexte de déficit chronique, ont crispé l’opposition de gauche et le Rassemblement national. Et fait planer le spectre d’une censure, en automne. Marine Le Pen, cheffe du groupe RN à l’Assemblée, s’est montrée catégorique : « Ce gouvernement préfère s’en prendre aux travailleurs et aux retraités plutôt que de faire la chasse aux gaspillages. Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons ».
« Il faut faire partir Bayrou »
Le plan ne convainc pas non plus l’UDR. Éric Ciotti, président du parti et du groupe à l’Assemblée nationale, accuse François Bayrou de « franchir toutes les lignes rouges » : « Non-remboursement des médicaments, hausse des impôts, désindexation des retraites… On fait payer aux Français les incuries de la classe politique, sans aucune économie sérieuse sur l’immigration ni sur la dépense publique ».
À gauche, l’appel à la censure se fait encore plus explicite. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, réclame ouvertement le départ du Premier ministre : « Il est urgent de mettre un terme à la macronie. Il faut faire partir Bayrou ». Le Nouveau Front populaire relaie un mot d’ordre clair sur X : censurer le budget à venir, jugé « antisocial ».
« C’est un braquage en bande organisée auquel nous assistons », s’indigne sur X Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF. « Supprimer deux jours fériés pour nous faire travailler gratuitement. Baisser le remboursement des maladies graves. Geler les salaires et les pensions. Plus que jamais, il y a de nouvelles Bastilles à prendre », ajoute-t-il.
Un vote sous haute tension
La suite se jouera désormais à l’Assemblée nationale, où le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue. Afin d’être validé, en automne, le budget devra donc convaincre au-delà du socle commun (centristes et LR). François Bayrou, qui a peaufiné ses arbitrages lors d’un dernier entretien avec Emmanuel Macron à l’Élysée, mise sur un argument central : « L’effort doit être équitable et partagé ». Reste à savoir si cet appel suffira.Car derrière les débats chiffrés, c’est bien une bataille politique décisive qui s’ouvre. À la clé, non seulement l’avenir du budget 2026, mais aussi la survie d’un gouvernement déjà fragilisé.
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