
« Nous sommes dans une situation particulièrement inquiétante et grave ». Réunis jeudi 17 juillet à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, les membres du comité de soutien à Boualem Sansal ont dénoncé l’échec d’une « stratégie du silence » et annoncé leur volonté de durcir la mobilisation. « Nous sommes à un tournant. Il faut hausser le ton », a affirmé au Point Arnaud Benedetti, fondateur du comité, rappelant que l’auteur de 2084 a été condamné début juillet en appel à cinq ans de prison ferme et n’a pas bénéficié d’une grâce du président Abdelmadjid Tebboune.
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Pour le comité, la diplomatie discrète n’a pas donné les résultats attendus. « Nous avons la faiblesse de penser qu’elle n’a pas porté ses fruits », a souligné Noëlle Lenoir, ancienne ministre déléguée chargée de l’Europe, tandis que le philosophe Pascal Bruckner dénonce « l’impuissance volontaire du gouvernement français ». Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, a quant à lui rappelé les nombreux leviers dont dispose Paris : politique des visas, accord bilatéral de 1968, réseaux financiers algériens en France… « Pourquoi ne pas les activer ?De quoi le président français a-t-il peur ? » s’est-il interrogé.
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Le comité plaide désormais pour « européaniser et mondialiser le dossier ». « C’est une affaire universelle, celle d’un homme enfermé pour ses écrits. Comme pour l’affaire Dreyfus, la mobilisation internationale peut tout changer », a insisté Jean‑Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale.
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« L’Union européenne se contente de pétitions de principe, sans actes concrets »
Mais les premiers échanges avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, n’ont pas convaincu. « L’Union européenne se contente de pétitions de principe, sans actes concrets », a regretté Arnaud Benedetti. Faute de réponse de la haute représentante, une plainte a même été déposée auprès de la médiatrice de l’UE pour « inaction », avait-il révélé sur Public Sénat.
Pour mémoire, une proposition de résolution avait été adoptée à l’Assemblée nationale le 6 mai dernier, réclamant la « libération immédiate et inconditionnelle » de Boualem Sansal. « Depuis, silence radio », pointe Benedetti. D’autres initiatives citoyennes ont aussi émergé. Les 20 et 21 juin derniers, l’opération « Je lis Sansal », lancée à Cannes, avait proposé aux médiathèques et bibliothèques municipales de mettre en avant ses ouvrages pour sensibiliser le public.
Le 27 mars dernier, Boualem Sansal avait été condamné à cinq ans de prison et à une amende de 500 000 dinars, soit environ 3 500 euros. Le procureur avait requis dix ans de prison et un million de dinars d’amende à l’issue d’un procès expéditif qui n’avait duré qu’une demi-heure. Mais Boualem Sansal avait fait appel de cette décision. La justice algérienne lui reproche certaines déclarations tenues en octobre 2024 auprès du média Frontières. L’écrivain avait estimé que le territoire du Maroc avait été tronqué sous la colonisation française au profit de l’Algérie.
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