
Contrairement au reste du pays, qui ne compte que 11 jours chômés, les deux départements d’Alsace et celui de Moselle jouissent de 13 jours fériés. Deux jours de repos supplémentaires, qui découlent de l’histoire et en particulier de l’annexion allemande.
Publicité
Retrouvez toutes les antisèches du JDD
La suite après cette publicité
Une exception régionale héritée de l’annexion allemande
Cette spécificité locale est en effet issue de l’annexion de 1871, après la victoire de la coalition d’États allemands dirigée par la Prusse sur la IIIe République française. Après la signature du traité de Francfort, le 10 mai 1871, actant la défaite française, l’Alsace et la Lorraine (correspondant au territoire actuel de l’Alsace et de la Moselle) sont rattachées au nouvel Empire allemand. L’occupation allemande s’achèvera à la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 1918, lors de la signature de l’Armistice. Les deux territoires retourneront définitivement à la France lors de la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919.
La suite après cette publicité
Au cours de cette période ayant duré près de 48 ans, l’Alsace-Lorraine devient un « Reichsland » et est entièrement administrée par l’Allemagne impériale. Le droit allemand et le calendrier germanique s’appliquent et l’allemand est décrété langue officielle. En 1911, sous la pression des habitants, l’Alsace-Lorraine acquiert un statut spécifique et maintient certaines particularités du droit français, telles que l’application du Code Napoléon. Elle est alors placée sous un régime concordataire, juxtaposant normes françaises et normes allemandes.
Le Vendredi Saint et le 26 décembre
Deux jours fériés sont octroyés selon le droit germanique par une ordonnance impériale du 16 août 1882 :
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
- le Vendredi Saint, en mémoire de la crucifixion du Christ
- et le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne, au lendemain de Noël
Deux jours saints qui correspondent à la tradition protestante. Un legs hérité de l’époque allemande et dont les Alsaciens et les Mosellans n’ont pas souhaité se séparer. Après de nombreuses pétitions et mobilisations des habitants des trois départements français post-Première Guerre mondiale (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Moselle), le gouvernement français cédera en 1924. Aujourd’hui, cette exception régionale est prévue par les articles L. 3134-13 et suivants du Code du travail.
Un droit local auquel sont fortement attachés nos compatriotes de l’Est. Ainsi, à en croire les propositions du Premier ministre François Bayrou, si deux jours fériés venaient à être supprimés, l’Alsace-Moselle disposerait encore de 11 jours de repos, contre 9 pour le reste des Français.
Source : Lire Plus






