
C’est une lettre dense, habitée, presque charnelle. Un cri du cœur autant qu’un acte de fidélité. Dans un courrier adressé aux adhérents parisiens de la droite, que le JDD a pu consulter, Rachida Dati retrace son parcours, réaffirme son attachement viscéral à sa famille politique, son ancrage à Paris, et sa détermination intacte à poursuivre le combat. Un texte envoyé à l’heure où se profile une législative partielle dans la 2ᵉ circonscription de la capitale — scrutin pour lequel la ministre de la Culture pourrait bien se porter candidate.
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Dès les premiers mots, le ton est donné : personnel, combatif. « Je prends la plume aujourd’hui avec le cœur et la sincérité de celle qui, comme vous, n’a jamais compté ses heures, ses combats, ni ses sacrifices pour notre famille politique, pour nos idées, pour notre ville. » Rachida Dati revendique ce qu’elle appelle sa « loyauté sans faille » à la droite, aux militants, aux électeurs. Et rappelle qu’à l’inverse de ceux qui ont quitté le navire, elle a tenu la barre : « Je suis restée fidèle à notre Mouvement, même quand certains, à la première difficulté, préféraient la facilité du retrait à la rudesse du terrain. Même en entrant au gouvernement […], je suis toujours restée. Et j’ai combattu. »
« Paris ne devait pas rester livré à l’échec socialiste »
Rachida Dati replonge aussi dans l’un de ses grands combats : la campagne municipale de 2020, menée dans des conditions qu’elle décrit comme hostiles. « Je suis partie seule. Sans structure. Sans beaucoup de soutiens. Mais avec une conviction profonde : que Paris ne devait pas rester livré à l’échec socialiste et aux dérives écologistes d’extrême gauche. » C’est ce combat-là, mené dans l’adversité, qu’elle met en avant pour défendre sa légitimité. Et pour rappeler que, malgré l’isolement initial, les soutiens sont venus. Dati en tire une conviction : sa campagne fut une promesse d’alternance, une « voix redonnée » aux Parisiens, une dynamique que la droite ne doit pas briser. « Moi, je continue. Je persiste. Je crois en Paris. » La phrase claque comme un serment.
À travers cette lettre, Rachida Dati ne cache pas son intention : continuer à peser dans la vie politique parisienne, et peut-être bien plus. Dans un contexte où une législative partielle pourrait être un tremplin — ou un révélateur — pour les ambitions futures, elle se positionne avec clarté. Mais sans agressivité : « Je me refuse aux conflits de personnes. Mon seul combat est celui des Parisiennes et des Parisiens qui réclament l’alternance. » C’est d’ailleurs sur un registre identitaire, presque existentiel, qu’elle conclut sa missive : « Je suis comme cela. Une femme libre. Engagée. Droite. Inébranlable dans ses convictions. Je n’ai jamais renoncé. Ni à nos valeurs. Ni à notre idéal. Je suis celle que vous connaissez depuis plus de vingt ans. Et je le resterai. »
En filigrane, c’est aussi un message adressé à la direction nationale des Républicains, à Bruno Retailleau : un rappel qu’en terrain parisien, elle reste incontournable. La lettre n’est pas une déclaration de candidature formelle — mais elle en a tout le parfum. Et elle oblige désormais chacun à se positionner. Dans une capitale fragmentée, où la droite peine à se réinventer face à la gauche sortante, Rachida Dati joue une carte centrale : celle de la fidélité, de l’ancrage local, de la constance. Une manière de dire : je suis là, je l’ai toujours été, je ne vous ai jamais abandonnés. Et je suis prête.
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