
Créé en 1945, le FMI naît pour stabiliser le système monétaire international et éviter les dévaluations compétitives qui avaient aggravé la crise des années 1930. À l’époque, chaque État membre s’engage à maintenir une parité fixe pour sa monnaie, sous la surveillance du Fonds.
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Quand ce système s’effondre en 1971, le FMI se transforme et devient le prêteur en dernier ressort pour les pays en difficulté, en échange de plans d’ajustement structurel souvent très contraignants : privatisations, réduction des déficits, réformes du marché du travail. Critiqués pour leur brutalité et leur uniformité, ces plans ont parfois laissé des traces durables, comme l’a illustré le cas grec.
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Le précédent grec, un avertissement pour la France
Entre 2010 et 2018, la Grèce a reçu près de 260 milliards d’euros d’aide internationale, en contrepartie d’une politique d’austérité sans précédent : hausse de la TVA, baisse des retraites et des salaires, privatisations massives. Pendant des années, Athènes a été bannie des marchés obligataires et placée sous la tutelle stricte de ses créanciers européens et du FMI.
En août 2018, le pays est officiellement sorti de son dernier plan de renflouement. Mais il reste sous « surveillance renforcée » : le gouvernement grec doit dégager un excédent budgétaire primaire et accueillir tous les trois mois des missions d’évaluation. Un rappel qu’une fois la tutelle installée, il est très difficile de retrouver une autonomie budgétaire totale.
Ce scénario est-il probable ?
Pour que la France se retrouve sous tutelle, il faudrait d’abord qu’elle perde l’accès aux marchés financiers, faute de confiance, ce qui entraînerait une flambée des taux d’intérêt. Dans ce cas extrême, l’État n’aurait d’autre choix que d’appeler le FMI… ou plus probablement, dans le cadre européen, le Mécanisme européen de stabilité (MES).
Mais que l’aide vienne du FMI ou du MES, le prix serait le même : une cure d’austérité drastique pour réduire le déficit. Concrètement, cela pourrait signifier une hausse de la TVA de deux ou trois points, un gel des prestations sociales, la suppression de certaines aides et une baisse du train de vie de l’État.
Plus symbole que réalité
Aujourd’hui, l’hypothèse reste avant tout un signal politique pour alerter sur la dérive des comptes publics. Mais selon les prévisions du FMI, le déficit français pourrait encore atteindre 6 % du PIB en 2030, loin des engagements européens. En réalité, le FMI n’a pas le pouvoir de « prendre le contrôle » d’un pays. Mais toute aide financière vient avec des conditions strictes. Le simple fait de devoir s’y résoudre serait perçu comme un aveu de faillite, avec des conséquences économiques et symboliques lourdes.
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