
Édifié entre 1804 et 1857 sur ordre de Napoléon, le Fort Boyard devait protéger l’arsenal de Rochefort et l’embouchure de la Charente contre la marine anglaise. Mais lorsqu’il est enfin achevé, les progrès de l’artillerie le rendent aussitôt obsolète : le « fort de l’inutile », comme le surnomme la population locale, devient alors une prison pour soldats prussiens et insurgés de la Commune, avant d’être désarmé et définitivement abandonné par l’armée en 1913.
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Livré aux tempêtes et aux pillages, il échappe de peu à la destruction et sert même de cible aux Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Mis en vente en 1961, il est acheté pour 28 000 francs (environ 43 000 euros) par André Aerts, un dentiste belge, qui le cède en 1988 au producteur de télévision Jacques Antoine. Ce dernier y tourne le pilote de son nouveau jeu d’aventure.
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Le 7 juillet 1990, l’émission « Les Clés de Fort Boyard » (devenue « Fort Boyard ») connaît un succès immédiat sur Antenne 2. Le Père Fouras, Passe-Partout, Félindra et La Boule deviennent des personnages cultes, et le concept s’exporte dans plus de 30 pays. Plus de trente ans plus tard, malgré l’érosion, les murs du fort continuent d’accueillir chaque été le tournage de nouvelles saisons, bien que le fort ait été revendu au conseil général de la Charente-Maritime pour un franc symbolique.
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Un premier trou pour sauver la forteresse
Cette semaine, le monument classé a officiellement basculé en chantier. Sur un ponton flottant, une pelleteuse a commencé à extraire entre 3 500 et 4 000 m³ de remblais autour du fort et jusqu’à 7 mètres de profondeur. Objectif : soulager les fondations et préparer la consolidation. Un chantier à réaliser d’urgence, si rien n’était fait, l’édifice aurait pu s’écrouler à force d’être en mouvement.
D’ici 2028, d’autres opérations vont s’enchaîner : dès septembre, la risberme (talus de protection en pierre) sera restaurée ; puis, en 2026, un éperon et un havre d’accostage en béton armé seront fabriqués à Saint-Nazaire avant d’être installés pour protéger le fort des assauts de la mer.
Un chantier colossal et une collecte nationale
Rien que pour cette première phase, le budget atteint 44 millions d’euros, dont 36,6 millions hors taxes pour la restauration elle-même. Le Département finance 21,6 millions, auxquels s’ajoutent 6 millions du Conseil d’architecture et du contrat de plan État-Région. Reste donc 9 millions à trouver.
Pour boucler le financement, le département et la Fondation du patrimoine ont lancé en décembre dernier une grande collecte nationale auprès des particuliers et des entreprises. L’idée : mobiliser les populations locales, le grand public et le mécénat. Début juillet, près de 17 000 euros avaient déjà été récoltés.
Si tout se passe comme prévu, le « fort de l’inutile » devenu légende télévisuelle continuera de faire rêver petits et grands… et d’affronter les vagues pendant encore plusieurs générations. Il devrait être ouvert au public à partir de 2028.
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