
Cela fait 245 jours que Boualem Sansal croupit dans une prison algérienne. Et 245 jours que Paris continue de croire, ou de faire semblant de croire, aux vertus d’une diplomatie de la carpette. Résultat : Sansal reste enfermé, Tebboune ricane, et l’Élysée baisse les yeux.
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Alors Bruno Retailleau a décidé de hausser le ton. Et surtout, à contre-courant de cette prudence molle qui ronge notre politique étrangère depuis des années. « La diplomatie des bons sentiments a échoué », claque le ministre de l’Intérieur. Enfin, diront certains. Parce qu’il faut le rappeler : la France mérite le respect. Et un écrivain français, âgé, malade, arbitrairement condamné, mérite autre chose qu’un silence gêné.
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Bruno Retailleau ne prend pas de pincettes. Il accuse Alger de vouloir nous humilier, de multiplier les provocations, et de prendre en otage des Français pour faire pression sur Paris. Et cette fois, la cible, c’est lui : l’ennemi public numéro un du régime algérien, Bruno Retailleau.
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Ce coup de semonce, c’est ce que beaucoup attendaient. Ce que l’opinion ressent sans oser le dire. Retailleau, lui, ose. Il dit que la France doit se faire respecter, que la fermeté est parfois la seule voie.
Derrière l’affaire Sansal, c’est une partie d’échecs qui se joue dans les coulisses du pouvoir. En montant au front, Bruno Retailleau ne s’adresse pas uniquement à l’Algérie. Il vise aussi Emmanuel Macron, François Bayrou et Jean-Noël Barrot. Un triangle de l’impuissance diplomatique, qu’il somme de se réveiller.
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Il faut bien comprendre le message, en substance : « Je suis prêt à en découdre, moi. Et si vous ne me suivez pas, je vous mets au pied du mur. » Car si Bruno Retailleau claque la porte, c’est tout le gouvernement qui vacille. Beauvau, c’est la clef de voûte. Sans lui, pas de majorité d’équilibre. Sans lui, plus de vernis d’unité. Il le sait. Et Emmanuel Macron aussi.
C’est ce qui rend cette sortie si politique. Retailleau ne se contente pas de dénoncer l’inaction d’Alger. Il dévoile l’inaction de Paris. Et il tend un miroir à ses collègues : regardez comme vous êtes devenus invisibles. Alors lui prend la lumière, le ton, et tente de reprendre le contrôle du tempo.
Ce que Retailleau impose en ce moment, c’est une rupture nette avec le macronisme
Et dans un contexte où l’exécutif avance à tâtons sur tous les fronts — sécurité, immigration, diplomatie — Bruno Retailleau joue son propre agenda : montrer qu’il tient le gouvernail, que c’est lui, désormais, qui parle au nom de la France qui agit. Ce que Retailleau impose en ce moment, ce n’est pas un simple coup de colère diplomatique. C’est une rupture nette, assumée, méthodique avec le macronisme.
Depuis plusieurs semaines, le patron des LR trace sa propre route. Sur l’immigration, il parle d’invasion quand l’exécutif parle de flux. Sur l’écologie, il dézingue la religion des éoliennes quand d’autres en célèbrent les vertus. Sur la justice, il promet l’autorité là où d’autres invoquent la pédagogie. Et maintenant, sur l’Algérie, il force Emmanuel Macron à sortir du bois.
En somme, Bruno Retailleau rappelle à Emmanuel Macron une vérité crue : nous sommes en cohabitation, même si personne n’ose le dire. Et il ne le fait pas depuis les bancs du Parlement, mais depuis Beauvau — le cœur nucléaire du pouvoir régalien. Ce n’est pas un détail. C’est tout sauf anodin.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le président de la République l’a convoqué la semaine prochaine. Car Macron l’a bien compris : Retailleau n’est plus seulement un ministre. Il est en train d’imposer un récit présidentiel. Le sien. Une droite d’ordre, de territoire, d’enracinement. Qui assume sa fermeté, sans s’en excuser.
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