
Rouleur, puncheur, et désormais grimpeur et bourreau des cœurs… « Allez Kéviiiiiin ! » : une jeune fille en fleurs obtient un sourire du Normand. Jeudi, sixième au sommet du Hautacam, après s’être accroché comme un damné aux meilleurs, Kévin Vauquelin est félicité par Emmanuel Macron de passage sur l’épreuve. Quand il s’élance pour le contre-la-montre en côte, à Loudenvielle, le lendemain, il est ovationné.
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Au départ de Pau, ce samedi, les supporters se pressent près du bus de son équipe et les ados sont conquis. Oihan, aux côtés de son grand-père palois, a les yeux écarquillés : « C’est fort, ce qu’il fait ! » Samuel, jeune triathlète, suit Vauquelin depuis l’an dernier, et le soutient parce qu’il est « le meilleur Français », mais aussi pour « son mental et son caractère ».
À 24 ans, Kévin Vauquelin avait pourtant déjà éclos : l’an dernier, il remportait en solitaire la deuxième étape du Tour, à Bologne, décrochant sa sélection pour les Jeux olympiques dans la foulée. En avril, il a terminé deuxième de la Flèche wallonne derrière l’intouchable Tadej Pogacar, comme l’année précédente derrière l’inattendu Britannique Stephen Williams. En juin, il a fini deuxième du relevé Tour de Suisse, après une belle résistance en montagne, terrain où ses capacités restaient à confirmer.
« On ne connaît pas encore ses limites »
L’ancien pistard a pris une nouvelle dimension sur la Grande Boucle, enchaînant les places d’honneur dans tous les registres, contre-la-montre, arrivée en côte, haute montagne, offensif même s’il est désormais surveillé, bien positionné au classement général tant qu’il le peut… Il préférera toutefois chasser une étape s’il venait à décrocher au classement général – ce samedi, il était encore cinquième au terme de l’ultime journée de montagne pyrénéenne.
Il ne surprend qu’à moitié Didier Rous, son directeur sportif, qui le décrit comme « moteur » de la belle dynamique collective de son équipe bretonne – dont l’avenir reste incertain faute de sponsor : « On connaissait ses qualités, il y a eu des déclics : cette année, il est capable de se battre tous les jours… On l’a construit ensemble. On ne connaît pas ses limites, il va encore progresser, mais on vit au jour le jour. Si ça coince, personne ne lui en voudra, à partir du moment où il a tout donné ! »
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Cette pression ne semble pas peser sur Vauquelin, qui parcourt les routes de juillet avec un naturel rafraîchissant, évitant même les réponses de… Normand devant les micros et caméras. Arnaud, « premier fan de Kévin » autoproclamé, se réjouit de ce nouveau statut. Tenaillé par la quête un brin masochiste de « l’Élu » français qui pourrait un jour succéder enfin à Bernard Hinault, il phosphore : « Il nous impressionne ! Il y a quelques mois, il ne tenait pas les gros dénivelés… Sa préparation à Isola 2000 a clairement payé. Je crains, comme il l’a dit lui-même au sommet du Hautacam, qu’il ne résiste pas jusqu’au bout… Avec ses progrès cette saison, et sa future équipe [la rumeur l’annoncerait chez Ineos-Grenadiers, NDLR] qui va le cajoler, quoi qu’il arrive, son avenir est radieux ! »
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