
Depuis son entrée en fonction fin juin, Thanos Plevris ne mâche pas ses mots. Dans une interview accordée au Daily Mail, lundi 21 juillet, le ministre grec issu du parti conservateur Nouvelle Démocratie a résumé sa stratégie par une formule lapidaire : « Ne venez pas ici. Nous vous mettrons en prison ou vous renverrons chez vous. »
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Ces propos s’inscrivent dans une politique de fermeté affichée par Athènes. Le 9 juillet, le gouvernement a annoncé l’arrêt, pour une durée de trois mois, de l’examen des demandes d’asile déposées par les migrants débarquant depuis l’Afrique du Nord. Une mesure déjà expérimentée en 2020 lors de la crise migratoire avec la Turquie. « Les migrants illégaux arrivés depuis la Libye ces dernières heures ont été arrêtés par les gardes-côtes », a précisé le ministre samedi 19 juillet sur X (ex-Twitter).
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Cette suspension, selon Thanos Plevris, doit permettre d’en finir avec ce qu’il décrit comme une « invasion » et d’envoyer un signal clair : « Quelqu’un entrant dans mon pays illégalement doit comprendre qu’il arrive dans un régime de surveillance, pas d’hospitalité. »
« La fin du conte de fées »
Au cœur du discours du ministre, une remise en cause de la légitimité de nombreux migrants à pénétrer sur le territoire grec : « Il s’agit principalement d’hommes âgés de 18 à 30 ans, migrants économiques venus de pays considérés comme sûrs, comme l’Égypte, le Pakistan ou le Bangladesh. »La suite après cette publicitéLa suite après cette publicité« Nous ne sommes plus un hôtel », insiste-t-il, affirmant que la Grèce souhaite aider les « vrais réfugiés », mais refuse d’être « prise pour une idiote ». Pour appuyer cette ligne dure, une nouvelle loi prévoit désormais plus de deux ans de prison pour toute entrée illégale sur le territoire, et jusqu’à cinq ans en cas de récidive. Ces mesures dissuasives, le ministre les assume sans détour : « Je suis un adepte des moyens dissuasifs… C’est la fin du conte de fées selon lequel ceux qui arrivent en Grèce et en Europe en nombre incroyable sont tous des femmes et des enfants. »La Crète sous pression
Depuis le début de l’année, plus de 7 300 migrants sont arrivés en Crète et sur l’île voisine de Gavdos, contre 4 935 durant toute l’année 2024. Rien qu’en juillet, ce sont déjà plus de 2 000 personnes qui ont été recensées par les autorités. Parmi elles, environ 200 migrants ont été interceptés ces derniers jours : 190 au sud de la Crète et onze autres près de l’île d’Agathonísi, au large de la Turquie.
Ces arrivées massives suscitent l’inquiétude des autorités locales et la colère des opérateurs touristiques, inquiets pour l’image de la Crète en pleine saison estivale. Sur le terrain, l’accueil est glacial : plusieurs centaines de migrants sont temporairement logés dans des camps d’urgence, souvent sur de simples matelas à même le sol.
Face à cette pression, le ministre pointe du doigt un responsable : la Libye, d’où partent la plupart des bateaux. « Notre gros problème aujourd’hui, c’est la Libye et ceux qu’elle envoie […] Trois millions de migrants s’y massent », alerte-t-il, redoutant une pression croissante sur la Crète, située au sud de la Méditerranée et terre natale du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Selon les gardes-côtes grecs, certains navires interceptés peuvent transporter jusqu’à 300 personnes. Le gouvernement entend donc fermer cette nouvelle porte d’entrée avant qu’elle ne devienne incontrôlable.
Tout migrant arrivant illégalement doit désormais s’attendre à la détention
Au-delà du cadre légal, la Grèce veut surtout frapper fort sur le plan symbolique : montrer que l’accueil automatique n’est plus la règle et que tout étranger arrivant illégalement doit désormais s’attendre à la détention et à une expulsion rapide. « Ils n’ont pas le droit de faire une demande d’asile, ils ne seront pas emmenés dans les centres d’accueil, mais resteront détenus par la police jusqu’à ce que le processus de leur retour soit initié », résume Thanos Plevris.
Reste à savoir si cette stratégie de fermeté freinera réellement les départs, alors que les conflits, la misère et le rôle des passeurs continuent d’alimenter le flux de migrants vers l’Europe.
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