
Il est longtemps resté sous les radars de l’opinion publique. En s’installant dans la forteresse de la Place Beauvau grâce à Michel Barnier, il a su imposer son style, fait de sobriété et de pugnacité. Qui est vraiment Bruno Retailleau ? A-t-il un destin national ? Ceux qui le connaissent bien le disent : le ministre de l’Intérieur est un homme de droite discret, modeste et gros travailleur qui ne renonce jamais à ses convictions. « J’ai trois priorités, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre. Je crois à l’ordre comme condition de la liberté », affirmait il lors de la passation de pouvoir le 23 septembre 2024.
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Après dix mois passés au cœur du ministère le plus exposé de France – un tumulte permanent empli de tous les drames de la société – et après un bras de fer assumé avec les autorités algériennes, il a pris la lumière et fait partie désormais du Top 10 des personnalités politiques préférés des Français. Quelques jours à peine après sa nomination, nous l’avons rencontré dans le ministère où il venait à peine de s’installer.
« Bruno Retailleau s’est installé aujourd’hui comme une figure incontournable sur l’échiquier politique »
« Je me sens bien où je suis aujourd’hui », nous confiait-il alors. Serein, prêt, combatif. Fidèle à sa réputation, il refuse l’appartement de fonction occupé par ses prédécesseurs et préfère un petit deux-pièces situé à quelques mètres de son bureau. Son vrai point d’ancrage se trouve à Saint-Malô-du-Bois, dans ces pays de la Loire où il a été élu local avant d’être député puis sénateur. Chacun le sait, le Vendéen a commencé la politique en tant que proche collaborateur de Philippe de Villiers.
Depuis, la fine silhouette s’est étoffée, les convictions déjà bien ancrées se sont musclées. Lutte contre l’immigration massive, défense du patrimoine historique et culturel français. Bruno Retailleau a compris que pour porter ses idées, il lui fallait prendre la tête des Républicains. Mission accomplie le 18 mai 2025 face à Laurent Wauquiez. Depuis, il se bat sur tous les fronts, à la fois chef de parti et premier flic de France, comme à l’époque un certain… Nicolas Sarkozy.
« Je veux défendre la France des honnêtes gens », nous confiait-il au mois de mai, dénonçant la « fabrique des barbares » issue de la culture de gauche, héritage de Mai-68. Le sens de la formule, pesé au trébuchet de l’action. En semant la zizanie dans le socle gouvernemental après sa tribune sur les énergies renouvelables, il a aussi fait preuve d’un sens tactique qui lui sera utile lors de la bataille de la présidentielle. Déjà les couteaux luisent dans les fourreaux. Les appétits sont exacerbés et le bloc central regorge d’au moins une bonne dizaine de candidat et candidates putatives qui risquent d’enclencher la machine à perdre.
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Bruno Retailleau s’est installé aujourd’hui comme une figure incontournable sur l’échiquier politique. Comme toujours, il ne calcule pas et continue sa méthode sans dévier : « Il faut dire la vérité aux Français et agir malgré les contraintes. » La vigueur avec laquelle le Rassemblement national le cible en permanence en lui décochant ses flèches acérées bien plus qu’à Emmanuel Macron ou à la gauche, est le meilleur signe de son nouveau poids électoral. Celui d’un présidentiable en puissance.
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