
L’influenceur algérien Imad Ould Brahim, connu sous le nom « Imad Tintin », devrait obtenir sous peu une autorisation de séjour après que le tribunal administratif de Grenoble a annulé son obligation de quitter le territoire (OQTF) ce lundi 21 juillet. C’est la fin d’une longue procédure judiciaire sur fond de tensions entre Alger et Paris.
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Début janvier, Bruno Retailleau s’engage à « ne rien laisser passer » alors que les propos haineux envers la France se multiplient sur les réseaux sociaux. Plusieurs influenceurs algériens sont arrêtés. Parmi eux : Imad Ould Brahim, installé en Isère, où il travaille de temps en temps « au black » depuis décembre 2021. Ce jeune homme de 31 ans, marié à une Française et père d’une petite fille, a publié plusieurs vidéos ces dernières semaines, dont une vue plus de 1,7 million de fois sur X, dans laquelle il appelle, en arabe, à « brûler vif, tuer et violer sur le sol français ». Des paroles « ignobles », s’indigne le ministre de l’Intérieur.
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Interpellé le 3 janvier en banlieue grenobloise, Imad est d’abord été jugé en comparution immédiate. Lors de cette audience, il demande un délai pour mieux préparer sa défense. Dans l’attente de son prochain passage devant la justice, il se retrouve incarcéré – la présidente du tribunal évoquant des risques de pression sur des témoins ou de fuite à l’étranger. Le 5 mars, après 58 jours de détention, Imad se retrouve à nouveau dans le box des accusés. Mais faute de consensus sur la traduction de ses vidéos, son procès est encore renvoyé. Rendez-vous le 23 mai, le temps de « s’assurer des propos tenus ». En attendant, le jeune homme est relâché. Première victoire. Sa famille exulte à la sortie du tribunal de Grenoble.
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Après ces multiples rebondissements, une nouvelle traduction effectuée par un expert agréé de la Cour de cassation permet au prévenu d’échapper aux lourdes accusations de provocation au terrorisme et d’écoper d’une simple amende. Reste encore une bataille… L’OQTF dont il fait l’objet depuis mai 2023. Trois demandes de laissez-passer consulaires ont été adressées à l’Algérie pour organiser son expulsion, mais elles sont restées sans réponse. Pendant ce temps, Imad Brahim a eu le temps de… se marier avec une Française et de devenir père de son enfant.
Ce lundi 21 juillet, les magistrats ont donc finalement décidé d’annuler son expulsion, évoquant le fait que l’homme, père d’une fille née le 14 décembre 2024 en France, avait effectué une demande de titre de séjour le 29 décembre dernier. À cette occasion, un accord avait été conclu entre Paris et Alger accordant un « certificat de résidence d’un an portant la mention “vie privée et familiale” » au ressortissant algérien, « ascendant direct d’un enfant français mineur résident en France, à la condition qu’il exerce même partiellement l’autorité parentale à l’égard de cet enfant ou qu’il subvienne effectivement à ses besoins ».
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Selon les juges, cités par Ouest-France, la préfète aurait dû faire ces vérifications et annuler l’OQTF. Elle a, maintenant, trois mois pour statuer de nouveau sur la situation d’Imad Ould Brahim. L’influenceur devrait recevoir une autorisation provisoire de séjour le 29 juillet en attendant cette décision finale. En consolation de tous ces désagréments, il devrait également recevoir 800 euros de l’État selon nos confrères. À force de perdre bataille après bataille, il semblerait que Bruno Retailleau ait bel et bien perdu la guerre dans cette affaire.
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