
Des commentaires politiques sur le drame à Gaza provoquent un nouveau tollé sur X. « Le monde entier voit désormais sans le moindre doute possible que non seulement Israël tue les enfants palestiniens délibérément, pour éliminer une génération, mais qu’en plus il le fait en les torturant, en les faisant souffrir, ajoutant du sadisme à sa barbarie », a assené Aymeric Caron, ce mercredi 23 juillet. Le député apparenté LFI commentait alors une vidéo de BFMTV, citant de récents propos du secrétaire général de l’ONU sur la situation dans l’enclave palestinienne, où opère l’armée israélienne depuis le massacre du 7 octobre 2023. « (Le) niveau de morts et de destructions (est) sans précédent dans l’époque récente », a alerté António Guterres, évoquant « la famine (qui) frappe à toutes les portes ».
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Aymeric Caron poursuit son analyse : « Si ce gouvernement n’était pas celui d’Israël, État juif dont les soutiens inconditionnels sortent la carte “antisémite” comme un bouclier, il serait au ban des nations depuis très longtemps ». Interpellé sur ce point par un internaute, qui lui demande si « la raison pour laquelle Israël n’est pas sanctionné, c’est parce qu’il (s’agit d’)un État juif », l’élu de gauche répond sobrement : « Oui ».
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La Licra dénonce un « antisémitisme parlementaire »
Face à cette prise de position, les critiques ont fusé, certains accusant le député du 18e arrondissement de Paris de haine envers les Juifs. La Licra dénonce ainsi un « antisémitisme parlementaire » et considère que le député n’est pas sanctionné en raison de sa seule immunité parlementaire. « Son comportement ne diffère finalement pas de celui d’un vulgaire voyou antisémite », affirme l’association.
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De même, le président de l’Union des Étudiants Juifs de France Yossef Murciano épingle « un propos antisémite par jour » tenu par le député et une logique « assumée » selon laquelle « Israël est coupable parce qu’il est juif ».
Camille Stineau, journaliste d’investigation collaborant notamment pour les médias Blast et Arrêt sur images, met quant à elle en garde contre une analyse simpliste : « Si Israël bénéficie du soutien inconditionnel de l’Occident, c’est car Israël est une enclave occidentale au Moyen-Orient, un avant-poste de l’impérialisme occidental dans une région hautement stratégique. Ce tweet d’Aymeric Caron passe à côté et a des relents antisémites. »
Lucas Jakubowicz, rédacteur en chef de Décideurs Magazine, regrette pour sa part que « la gauche se tait, cautionne et s’allie avec des gens qui rendraient Drumont jaloux », en référence à une figure historique du nationalisme antisémite. Un avis partagé par Frédéric Haziza, journaliste sur Radio J., qui évoque une « chasse aux Juifs en meute » au sein de La France Insoumise.
Pour défendre son propos, Aymeric Caron a publié un nouveau tweet quelques heures plus tard : « Pour les soutiens inconditionnels d’Israël qui ont tenté aujourd’hui de lancer une énième polémique contre moi, juste ce petit rappel : qui a déclaré que “accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral” ? » Un message faisant référence à une déclaration à l’AFP du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, datant de janvier 2024.
Le député apparenté LFI est très engagé en faveur de la cause palestinienne et n’a pas pour habitude de mâcher ses mots contre l’État hébreu : le mois dernier, par exemple, il avait qualifié Israël de « régime le plus dangereux au monde ».
LFI face aux accusations d’antisémitisme
La France insoumise est régulièrement accusée par ses adversaires politiques de fermer les yeux voire d’être complaisante vis-à-vis de l’antisémitisme, en particulier depuis les attaques du 7-Octobre et la réplique israélienne dans la bande de Gaza. Après l’attentat du Hamas en Israël, les Insoumis avaient publié un communiqué qualifiant celui-ci « d’offensive armée de forces palestiniennes ». De nombreux cadres de LFI avaient, dans un premier temps, refusé de qualifier cette attaque de « terroriste ».
Par ailleurs, des personnalités politiques ou médiatiques, y compris à gauche, ont reproché à Jean-Luc Mélenchon et à son mouvement de flirter avec des références antisémites. Le député socialiste Jérôme Guedj a par exemple accusé le chef de file de LFI d’utiliser des mots « stigmatisants » renvoyant à une sémantique « qui a souvent été antisémite »
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