C’est devenu l’un des lieux incontournables de la culture en Bretagne. Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc, logé dans l’ancien couvent des Capucins de Landerneau et qui a attiré plus de 2 millions de visiteurs depuis son ouverture en 2012, a désormais un rayonnement international, comme en témoignent les prêts prestigieux qui ont été consentis de la part des musées ou des collectionneurs privés à l’occasion de la nouvelle exposition temporaire consacrée à la représentation de l’animal par l’artiste. Un thème hautement fédérateur, porté par l’enthousiasme de Michel-Édouard Leclerc.
« Je suis fier de présenter dans ma petite commune de 18 000 habitants 130 chefs-d’œuvre qu’on n’a pas l’occasion de voir ensemble, en connivence et en résonance, souligne-t-il. Dans les grottes de Chauvet et Lascaux, on trouve majoritairement dessiné sur les parois le bestiaire préhistorique (mammouths, rhinocéros, bisons…). Le motif a traversé les siècles, pour questionner la condition humaine, expliquer notre rapport à l’autre et exprimer ce qu’on ressent. Quand Louise Bourgeois façonne sa célèbre araignée, elle évoque le souvenir de sa mère. »
Tous les supports et toutes les époques cohabitent dans un parcours passionnant, foisonnant et hétéroclite, qui mêle habilement peintures, sculptures, dessins, affiches, photographies, installations, extraits de longs métrages de cinéma, et même vidéos provenant des réseaux sociaux. Un gigantesque cabinet de curiosités jalonné de surprises, où interviennent des talents de tous horizons : Pierre Bonnard, Constantin Brancusi, Alexander Calder, Marc Chagall, Gustave Courbet, Edgar Degas, Lucian Freud, Francisco de Goya, Vassily Kandinsky, Claude Monet, Edvard Munch, Pablo Picasso, Auguste Rodin, Joana Vasconcelos, Paul Véronèse, Léonard de Vinci… La liste donne le tournis.
Marina Abramovic pose avec un scorpion sur le visage. Henri Matisse esquisse un intérieur coquet avec, devant une fenêtre ouverte, des poissons rouges dans un bocal. Martin Parr croque avec son impertinence légendaire une Niçoise en maillot de bain, portant dans ses bras son chihuahua. Ryan Gander dispose un gorille animatronique sous un bureau, qui réagit à la présence du public grâce à un détecteur de mouvement, avec un réalisme saisissant. David Lynch met en scène un individu à la tête difforme surnommé « Elephant Man ».
Un gorille animatronique réagit au passage du public
« Et Annette Messager positionne des miroirs sous ses oiseaux empaillés suspendus au plafond, ainsi on aperçoit son propre reflet, note Michel-Édouard Leclerc. Quand on regarde un animal, on éprouve soit du plaisir, soit de la peur s’il nous renvoie à une facette de notre personnalité qu’on choisit d’occulter, comme la violence. » Il préfère citer un extrait des 101 Dalmatiens (1961), le classique de l’animation de Disney, où le héros Pongo observe le va-et-vient incessant des passants, des maîtres avec leurs compagnons à quatre pattes qui leur ressemblent. « Une séquence géniale sur le mimétisme, souvent avéré », sourit-il. Il se rappelle son enfance passée avec quantité d’amis à poils et à plumes.
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« La moitié des Français ont des animaux de compagnie, constate-t-il. Assez tôt, mes parents ont acheté un vieux manoir qu’ils ont retapé. On avait de l’espace pour accueillir une véritable ménagerie : une dizaine de couples de paons, un étang où s’ébrouaient une centaine de canards carolins et mandarins, un âne, sans oublier les chiens. Toujours de très grande taille, ils mangeaient leur poids en viande tous les mois, alors heureusement qu’on avait les rayons boucherie des supermarchés pour les nourrir ! Des bergers des Pyrénées, des terre-neuve, des épagneuls, des labradors… J’ai aussi vécu avec une agricultrice qui possédait un troupeau de 800 brebis. Je suis un gars de la campagne. »
« Animal !? » Jusqu’au 2 novembre.fonds-culturel-leclerc.fr
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