
Alors que les relations entre Paris et Alger traversent une crise profonde, l’Italie et l’Algérie n’ont jamais été aussi proches. Mercredi 23 juillet, à l’occasion du cinquième sommet intergouvernemental et d’un forum économique organisé à Rome, la Première ministre italienne a accueilli le président algérien Abdelmadjid Tebboune ainsi qu’une importante délégation réunissant chefs d’entreprise et ministres des deux pays. « Nos relations bilatérales ont atteint un niveau d’intensité et de solidité jamais atteint auparavant », s’est félicitée Giorgia Meloni, tandis que Tebboune a salué « une ferme volonté politique de renforcer nos relations historiques et d’élargir davantage les liens de coopération ».
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Ce rapprochement stratégique s’est concrétisé par la signature d’une quarantaine d’accords : une dizaine dans des domaines sensibles comme les hydrocarbures, la défense, la lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale, et une trentaine d’accords commerciaux dans l’agro-industrie, la pharmacie, les transports et les infrastructures. Ces partenariats s’inscrivent dans le cadre du « Plan Mattei », du nom du fondateur d’ENI, groupe italien de production de pétrole et gaz naturel, qui vise à faire de l’Italie la plaque tournante énergétique et numérique entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
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Le cœur de cette coopération reste énergétique. Depuis la guerre en Ukraine et la baisse des importations de gaz russe, l’Algérie s’est imposée comme le premier fournisseur de gaz naturel de l’Italie, couvrant désormais plus d’un tiers de ses besoins. Le 7 juillet, Sonatrach et ENI ont encore renforcé ce partenariat stratégique en signant un contrat de partage de production d’hydrocarbures d’une valeur de 1,35 milliard de dollars, destiné à intensifier l’exploration et l’exploitation dans le bassin de Berkine Sud, en Algérie.
L’Italie apparaît comme la porte naturelle de l’Algérie vers l’Europe
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Au-delà du gaz, le forum économique a réuni plus de 400 entreprises italiennes et algériennes autour de projets touchant aux infrastructures portuaires, au développement des réseaux ferroviaires et routiers, à la modernisation agricole ou encore aux technologies 5G. Avec sa situation géographique, l’Italie apparaît comme la porte naturelle de l’Algérie vers l’Europe et entend consolider ce rôle de hub euro-africain.
Historiquement, les relations italo-algériennes reposent sur un socle ancien, forgé dès les années 1950 et 1960 par Enrico Mattei, fervent soutien de l’indépendance algérienne. Aujourd’hui encore, l’Algérie est le premier partenaire commercial de l’Italie en Afrique, avec des échanges dépassant 14 milliards d’euros et des investissements italiens estimés à 8,5 milliards. L’Italie se classe ainsi comme premier client et deuxième fournisseur de l’Algérie, devant la France et l’Allemagne.
Pour rappel, ce rapprochement intervient dans un contexte particulier : depuis l’été 2024, Alger est en froid avec Paris, notamment sur la question du renvoi des OQTF, du Sahara occidental ou encore de l’incarcération de l’écrivain Boualem Sansal.
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