
En pleine guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis, Bruxelles a fait le choix, début juillet, de confirmer l’achat de 11 nouveaux avions de combat F-35 américains pour un montant d’un milliard d’euros. Ces appareils s’ajoutent aux 34 déjà commandés en 2018, dont les premières livraisons sont attendues cet automne. À l’époque, le Rafale était en lice pour renforcer la défense aérienne belge, mais c’est bien le chasseur américain qui avait été retenu.
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Mais ce n’est pas tout : après avoir annoncé ces nouvelles commandes de F-35, la Belgique a, très récemment, réaffirmé son souhait de participer à la phase 2 du système de combat aérien du futur (SCAF), un projet européen qui vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter. Interrogé sur les intentions belges, le PDG de l’avionneur français, Éric Trappier, n’a pas mâché ses mots.
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« Soit je suis désagréable, soit je ne le suis pas. Comme je suis plutôt diplomate, je dirais que si elle renonce à acheter des F-35, la Belgique est la bienvenue. Si je n’étais pas diplomate, je dirais qu’elle se fout de notre “gueule”. Vous choisissez la bonne réponse », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse dédiée à la présentation des résultats semestriels de Dassault Aviation, ce mardi 22 juillet.
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« Honnêtement, la Belgique vient d’annoncer, en pleine guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis, qu’elle allait racheter des F-35. Je n’ai rien contre. Ce qui me surprend, c’est qu’elle le fasse au moment même où elle dit vouloir rejoindre le SCAF », a-t-il poursuivi. Avant d’ajouter : « Le F-35 met plus du temps à être produit que le Rafale, ce qui n’est pas forcément une grande performance. Il faut donc quatre ou cinq ans, ce qui nous amène à 2030. Un avion de combat dure 30 à 40 ans. Donc on est rendu à 2060/70 avant qu’ils aient besoin de renouveler leur flotte. »
Dassault va-t-il continuer dans le projet SCAF ?
Par ailleurs, le projet du SCAF peine à décoller en raison des désaccords persistants entre Paris et Berlin sur la désignation d’un maître d’œuvre. Lancé en 2017 par la France et l’Allemagne, le programme d’aviation de combat du futur doit à terme équiper le ciel européen. L’Espagne a rejoint l’initiative en 2019, complexifiant davantage la prise de décisions. L’arrivée éventuelle d’un quatrième pays, en l’occurrence la Belgique, est donc perçue d’un mauvais œil. « La complexité, ce n’est pas un moteur pour faire de la performance », a taclé Éric Trappier.
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Le programme est actuellement en « phase 1B », consacrée au développement des technologies du futur démonstrateur. La phase 2, qui doit être lancée en 2026, prévoit la construction du prototype à proprement parler. Éric Trappier a également réfuté toute volonté de détenir 80 % de participation dans le programme alors que certains lui ont prêté cette ambition. Lors de cette conférence de presse, la question d’un éventuel retrait de Dassault Aviation du SCAF a été posée au PDG. « Ce n’est pas un problème de quitter, c’est un problème de savoir si le projet continue ou pas », a-t-il conclu.
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