
L’ouverture du quartier de haute sécurité de Vendin-le-Vieil, voulu par le gouvernement pour isoler les narcotrafiquants les plus dangereux, connaît ses premières secousses judiciaires. L’avocat d’un détenu transféré mardi dans cette prison du Pas-de-Calais a annoncé, jeudi 24 juillet, avoir déposé une plainte contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin devant la Cour de justice de la République (CJR). Pour rappel, la CJR est la seule juridiction habilitée à juger les ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
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Dans cette plainte pour abus d’autorité, dont l’AFP a eu connaissance, Me Philippe Ohayon reproche au garde des Sceaux d’avoir ordonné ce transfert « en s’affranchissant de l’obligation d’établir des liens préexistants entre le détenu, depuis la détention, et des réseaux de criminalité ou de délinquance organisée », une condition posée par le Conseil constitutionnel. Et ce dans le cadre d’« une opération concertée de police administrative dûment médiatisée, suivant un agenda politique précis », accuse l’avocat.
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Le nouveau quartier de haute sécurité de Vendin-le-Vieil a commencé à accueillir, mardi, les premiers détenus concernés par ce dispositif très encadré. Dix-sept prisonniers y ont été acheminés en début de semaine, rejoints ce jeudi par douze autres, a annoncé Gérald Darmanin. « Merci aux courageux agents du ministère de la Justice, agents pénitentiaires et forces de l’ordre, pleinement mobilisés », a-t-il salué sur X après un « transfert sous très haute surveillance ». Une seconde structure devrait ouvrir à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) à la mi-octobre, avec la même capacité de 100 détenus.
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Conçus pour isoler totalement les individus identifiés comme les narcotrafiquants les plus actifs, ces centres obéissent à un régime carcéral strict inspiré de la lutte antimafia italienne. Mi-juin, le Conseil constitutionnel a validé ce cadre exceptionnel, inscrit dans la loi contre le narcotrafic, en estimant que le législateur avait « défini avec suffisamment de précision les motifs d’affectation dans les unités de lutte contre la criminalité organisée ». Le texte prévoit que les détenus ciblés doivent entretenir ou avoir établi, durant leur incarcération, des liens avec les réseaux criminels. Point exact qui motive la plainte du détenu ciblant Gérald Darmanin.
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