
La décision du président de la République ne laisse personne indifférent. Ce jeudi, Emmanuel Macron a déclaré que la France reconnaîtra l’État de Palestine à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain. Une annonce aussitôt saluée par la gauche, tandis qu’une partie de la droite s’en est inquiétée, la jugant précipitée, voire illégitime.
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« Reconnaître aujourd’hui un État palestinien, c’est reconnaître un État Hamas et donc un État terroriste », a fustigé Marine Le Pen sur X. « Il s’agit d’une décision précipitée, davantage motivée par des considérations politiques personnelles que par une sincère recherche de justice et de paix », a abondé le président du Rassemblement national. Jordan Bardella redoute qu’une telle reconnaissance, faite « dans quelques jours », accorde au Hamas une « légitimité institutionnelle et internationale inespérée ».
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Une « faute morale »
Même position du côté d’Éric Ciotti, qui évoque une « décision précipitée, prise pour de pures raisons électoralistes ». Le patron de l’UDR estime qu’après « trois défaites électorales », Emmanuel Macron « n’a plus aucune légitimité pour engager la France sur un sujet aussi sensible ». Il réclame que ce soit « au Parlement de se prononcer ».
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Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) voit une « faute morale » et un « danger politique » dans cette décision, estimant qu’elle sera « brandie par le Hamas comme une victoire symbolique » et qu’elle risque d’« inciter la partie palestinienne à ne plus faire aucun compromis ». L’organisation accuse enfin Emmanuel Macron de « galvaniser LFI » et « les agitateurs antisémites » qui, selon elle, « dévoient la cause palestinienne ».
La gauche réclame des sanctions contre Israël
À l’opposé, la gauche salue une décision « juste », mais s’impatiente. Jean-Luc Mélenchon y voit une « victoire morale », tout en critiquant le calendrier : « Pourquoi en septembre et pas maintenant ? Et l’embargo sur les armes ? Et la rupture de l’accord de coopération ? », a-t-il lancé, appelant à « un engagement clair et immédiat contre le crime ».
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« Mieux vaut tard que jamais, se réjouit pour sa part Marine Tondelier, cheffe de file des Écologistes. Espérons que cette annonce, dans l’attente de sa concrétisation à la rentrée, aide dès à présent les Gazaouis victimes d’un génocide en cours ». Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, appelle de son côté à « des actes pour sauver le peuple palestinien ». « Qu’il le fasse, maintenant ! La paix ne peut plus attendre », a-t-il insisté, réclamant des sanctions contre le gouvernement israélien.
Une demande également formulée par le premier secrétaire du Parti socialiste, qui « salue la décision » d’Emmanuel Macron, mais souhaite qu’elle soit « assortie de sanctions tant que durera le génocide en cours ». Olivier Faure accuse le gouvernement israélien d’être « suprémaciste et messianique » et dénonce la « veulerie » de ses alliés internationaux.
« La solution à deux États est l’unique chemin »
Au sein de la majorité présidentielle, les réactions sont plus mesurées mais favorables. La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, s’est félicitée de l’annonce du président de la République, rappelant que « la solution à deux États est l’unique chemin pour une paix et une sécurité durables au Proche-Orient ». Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et membre du MoDem, a salué « une décision historique et tant attendue par le peuple palestinien ». François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, y voit une « parole claire et nécessaire ».
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui multiplie ces derniers mois les prises de position en faveur de cette reconnaissance, a qualifié la décision d’« historique, attendue et courageuse ». Il appelle toutefois la France à aller plus loin en prenant « immédiatement l’initiative d’une vaste opération humanitaire internationale » vers Gaza.
Pour rappel, Israël a lancé une opération militaire dans la bande de Gaza après l’attentat terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, avec pour objectif d’anéantir l’organisation palestinienne et de libérer les otages restants. Sur les 251 personnes enlevées en Israël, 58 sont encore retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par Tsahal.
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