
Le ton monte encore d’un cran entre Paris et Alger après les sanctions imposées par Bruno Retailleau à l’encontre de hauts responsables algériens. Dans un communiqué publié jeudi 24 juillet, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé son « étonnement » à la suite des restrictions imposées aux agents accrédités de son ambassade en France. Ces derniers se sont vus refuser l’accès aux zones réservées des aéroports parisiens pour la récupération de valises diplomatique
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Alger affirme n’avoir reçu aucune notification officielle et accuse Paris d’avoir agi « dans l’opacité totale ». Une « atteinte grave » au fonctionnement de sa mission diplomatique en France, mais aussi une « violation manifeste » de la Convention de Vienne, qui garantit aux représentations étrangères le libre accès à leurs valises diplomatiques. Face à ce qu’elle considère comme un précédent inacceptable, l’Algérie annonce des mesures immédiates de réciprocité et menace de saisir les Nations unies.
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Cet incident intervient alors que Bruno Retailleau a lancé, en début de semaine, une salve de sanctions visant plus de quarante personnalités algériennes. Hauts fonctionnaires, militaires, dignitaires du régime… Tous ont perdu les facilités diplomatiques qui leur permettaient de voyager, résider ou se faire soigner en France. Selon une source proche du dossier citée par Paris Match, la liste pourrait encore s’allonger dans les jours à venir.
Le ministre de l’Intérieur accuse Alger de bloquer les expulsions de ses ressortissants en situation irrégulière, y compris de profils fichés S. La semaine dernière encore, un homme expulsé pour radicalisation islamiste s’est vu refuser l’entrée sur le sol algérien. Une provocation de trop pour Bruno Retailleau, qui prône depuis son arrivée place Beauvau une « riposte graduée » face au refus de coopération d’Alger et à la détention de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, récemment condamné à une peine de prison ferme de l’autre côté de la Méditerranée.
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Si Emmanuel Macron continue de privilégier l’apaisement, son ministre de l’Intérieur propose, lui, d’aller jusqu’à la remise en cause des accords de 1968, qui confèrent un statut migratoire privilégié aux Algériens, afin de débloquer la situation. Une hypothèse rejetée pour l’instant par le chef de l’État. Le patron des Républicains espérait le faire changer d’avis ce jeudi lors d’un rendez-vous en tête-à-tête, mais l’Élysée a fait savoir à la dernière minute qu’il n’était plus attendu. Sa sortie polémique quelques jours plus tôt sur la fin certaine du macronisme dans un entretien à Valeurs actuelles n’y est sans doute pas pour rien…
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