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Reconnaissance de la Palestine : le pari inflammable d’Emmanuel Macron



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25 Juil 2025
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Reconnaissance de la Palestine : le pari inflammable d’Emmanuel Macron
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« On doit aller vers une reconnaissance et donc, dans les prochains mois, on ira. » Voici les mots du président français Emmanuel Macron lors de son retour d’un voyage à la frontière de l’Égypte et de Gaza en avril dernier. Envisagée au tout début en juin, en amont d’une conférence internationale coprésidée avec l’Arabie saoudite finalement reportée, cette annonce sera finalement matérialisée lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre prochain.

Cela dit, cette reconnaissance pose question, en plein milieu des vacances estivales, dans un contexte international plus tendu que jamais, dans la continuité du drame national qu’a provoqué le 7 octobre sur les Israéliens, et la catastrophe humanitaire générée à Gaza par la guerre de riposte enclenchée par Benyamin Netanyahou. Après le pire massacre de Juifs connu depuis la Seconde Guerre mondiale, un État palestinien au forceps n’est probablement pas la meilleure solution. Si en théorie sa création est probablement la seule solution à la sécurisation de toute la région, il est, reconnaissons-le, quasiment impossible à mettre en musique aujourd’hui : jamais les deux camps n’ont été aussi radicalisés.

« Emmanuel Macron s’offre-t-il un coup de communication politique destiné à servir ses projets futurs ? »

Ce serait évidemment donner raison au Hamas et à son attaque effroyable de 2023 qui a provoqué la mort de près de 1 200 Israéliens, mais ce serait aussi s’opposer aux courants religieux en Israël les plus fanatiques qui soutiennent encore Netanyahou et qui poussaient ces derniers jours la Knesset à reconnaître l’annexion de la Cisjordanie dans la logique du Grand Israël. Si la déclaration de la France a suscité moult réactions dans l’État hébreu et aux États-Unis, et maintient la question en haut des priorités de l’agenda international, elle n’aura probablement aucun impact sur la situation. Car nous sommes arrivés à un stade où plus personne n’a envie de vivre à côté de l’autre.

Quel impact réel ?

Emmanuel Macron s’offre-t-il un coup de communication politique destiné à servir ses projets futurs ? La voix de la France fera-t-elle avancer le « schmilblick » ? Non pas vraiment. On vit sur notre vieille gloire. Certes, c’est la première fois qu’une puissance européenne, nucléaire, membre du Conseil de sécurité de l’ONU et du G7, franchit le pas. Macron espère pousser des pays comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne à faire de même.

À ce jour, à l’Assemblée générale des Nations unies, 150 États ont déjà reconnu la Palestine

Depuis des décennies, la position de la France sur la reconnaissance de l’État palestinien repose sur un équilibre diplomatique entre soutien au droit des Palestiniens à un État et attachement à une solution négociée avec Israël. Paris soutient depuis longtemps une solution à deux États, avec Jérusalem pour capitale partagée, fondée sur les frontières de 1967. Mais tout cela n’est que du vent, vu la situation totalement contraire sur le terrain. Il y a encore quelques mois pourtant, la France considérait qu’une reconnaissance unilatérale, hors processus de négociation, pourrait être contre-productive. D’ailleurs, Israël se sert souvent de la timidité de certains pays à franchir le rubicond.

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Néanmoins, face à l’impasse du processus de paix et à la dégradation de la situation à Gaza et en Cisjordanie, des voix se sont élevées en France, surtout venant de La France insoumise, pour un changement de posture. Ce n’est, espérons-le, probablement pas cela qui a poussé le président français à accélérer sa décision, mais probablement des intérêts plus personnels. En mai 2024, le ministre des Affaires étrangères d’alors, Stéphane Séjourné, avait réaffirmé que la France reconnaîtrait l’État palestinien « au moment utile », lorsque cela aura un impact réel. Il semble que le moment utile soit maintenant.

Plus largement, à ce jour, à l’Assemblée générale des Nations unies, 150 États ont déjà reconnu la Palestine : on parle de la quasi-totalité des pays d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique latine, et les BRICS en général. Cela en dit long sur l’isolement de l’État hébreu dans le système international, mais cela n’a jamais véritablement ébranlé la détermination de Benyamin Netanyahou et de Donald Trump, qui considèrent qu’offrir un État aux Palestiniens dans le contexte actuel ne serait qu’une récompense au terrorisme.

Condamnation d’Israël et des États-Unis

Alors que la coalition gouvernementale israélienne est au bord du gouffre depuis plusieurs jours, la question du rôle du Premier ministre dans la situation se pose. Si le 7-Octobre est de la responsabilité première du Hamas, qui a islamisé la question palestinienne et instrumentalisé les civils à Gaza depuis sa prise de pouvoir en 2007, Netanyahou porte lui aussi une responsabilité dans la dégradation de la situation dans l’enclave et en Cisjordanie, entre blocus institué avec l’Égypte et poursuite de la colonisation.

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Pour autant, la décision surprise de la France de reconnaître un État qui a peu de chances de voir le jour montre à quel point Paris n’imprime pas sa marque dans les relations bilatérales et transactionnelles qu’impose Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. La France tente de peser dans ce qu’il reste du système international, alors que la marginalisation des Nations unies considérées comme trop tiers-mondistes et gauchistes par Tel Aviv et Washington s’accélère.

Washington ne comprend que le rapport de force et le rapport personnel : la déclaration de Macron est quelque part un aveu d’échec dans un monde qui se transforme à la vitesse grand V. Et même au sein de ce vieux système international, les États-Unis de Donald Trump gardent cette pièce maîtresse dans une organisation datée qu’ils rejettent : le véto au Conseil de sécurité.

L’opinion israélienne se divise entre des nationalistes de plus en plus hostiles à l’égard des Palestiniens et une partie croissante de la population qui demande la fin de la guerre, condamne la situation à Gaza et croit penser qu’un État palestinien permettra leur sécurité. Ils sont nombreux dans l’État hébreu à dénoncer la politique du Premier ministre et à rêver d’une alternative politique. Mais quand on connaît la situation et l’histoire du retrait israélien de Gaza en 2005, qui fut un drame national, qui peut imaginer qu’un gouvernement israélien parviendra à demander sans bain de sang le départ de plus de 450 000 colons israéliens de Cisjordanie ? C’est mission impossible.

Si seulement, on pouvait se rassurer du côté du paysage politique palestinien. Ce n’est pas le cas : le Hamas, malgré son affaiblissement clair pour le moment, peut déjà compter sur de nouvelles recrues, des jeunes Palestiniens désespérés et instrumentalisables. L’organisation islamiste s’est d’ailleurs empressée de saluer la décision de la France, preuve qu’elle compte bien encore jouer un rôle politique sur place.

Du côté de l’Autorité palestinienne, ce n’est pas plus glorieux. Entre la diaspora des cadres du Fatah exilés, qui défendent à distance une cause sans fin et s’y lovent, un pouvoir palestinien gangrené par la corruption et la paralysie depuis trop d’années, le refus de Mahmoud Abbas de convoquer des élections, sa compromission avec Israël en matière de coopération sécuritaire en Cisjordanie qui s’est retournée contre les Palestiniens… C’est l’impasse totale.

Division de l’unité française

Au-delà de l’acte symbolique, Emmanuel Macron pour peser à l’international comme il aime le faire, sait qu’il joue un va-tout. C’est une décision hautement inflammable qui risque de se retourner davantage sur la France que de servir les intérêts des Palestiniens. L’importation du conflit israélo-palestinien en Europe, et en particulier en France, n’est plus une bombe à retardement mais une grenade déjà dégoupillée.

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La remontée de l’antisémitisme, du radicalisme propalestinien comme la propagation sans complexe de la hasbara (propagande) israélienne poussent un peu plus chaque jour à la polarisation de la société française. Les militants pro-barbus de La France insoumise saluent, comme le Hamas, la décision du président français. Les Juifs se sentent de plus en plus en danger en France, même ceux qui ne cautionnent évidemment pas la politique de Netanyahou voire qui la dénoncent.

La surenchère autour de la situation dramatique que connaissent les deux peuples dans la région risque de mettre encore plus en danger les communautés nationales, et évidemment les Juifs en premier. Un président devrait préserver avant tout l’unité du pays et se concentrer sur les problèmes internes qui sont légion, mais il n’en a plus le pouvoir : si la France cherche encore à être le modèle de pays des droits de l’Homme à l’étranger, elle ne devrait pas se retrouver déstabilisée par des questions comme celle du Moyen-Orient.

« Un président devrait préserver avant tout l’unité du pays et se concentrer sur ses problèmes internes »

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon, qui ne fait qu’instrumentaliser son électorat et s’abreuve de ce combat non pas « en faveur de » mais plutôt « contre », doit boire du petit-lait. Les conséquences internes en France risquent vite de devenir incontrôlables. Il suffit de voir les derniers évènements hier à Nice sur la promenade des Anglais, où quelques illuminés proféraient en marge d’un défilé propalestinien un flot d’insultes antisémites, racistes et homophobes. Les Palestiniens méritent probablement depuis tant de décennies de bien meilleurs ambassadeurs pour défendre leur combat. Mais en 2027, Emmanuel Macron sera ailleurs : son rêve, à l’issue de ses deux mandats, c’est de tenter de peser sur la scène internationale. Ce sera tout ce qu’il lui restera d’ailleurs et il est encore jeune. Les conséquences internes de ces actes passés ne compteront alors plus beaucoup pour lui.


*Sébastien Boussois est docteur en sciences politiques, chercheur monde arabe et géopolitique, enseignant en relations internationales à l’IHECS (Bruxelles), associé au CNAM Paris (Équipe Sécurité Défense), à l’Institut d’Études de Géopolitique Appliquée (IEGA Paris), au Nordic Center For Conflict Transformation (NCCT Stockholm) et à l’Observatoire Géostratégique de Genève (Suisse).

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