
La reconnaissance internationale de l’État de Palestine a débuté en novembre 1988, au cœur de la première Intifada. À Alger, Yasser Arafat, alors dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), proclame unilatéralement l’indépendance de la Palestine, avec Jérusalem pour capitale, devant le Conseil national palestinien en exil. Cette déclaration marque un tournant symbolique fort.
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Quelques minutes après cette annonce, l’Algérie devient le premier pays à reconnaître l’État palestinien. Dans les jours suivants, une quarantaine d’États, majoritairement arabes, asiatiques et africains, emboîtent le pas. Très vite, la reconnaissance gagne aussi les pays du bloc soviétique et une majorité des nations africaines.
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Une Europe divisée
Au sein de l’Union européenne, la reconnaissance de l’État palestinien reste une question sensible et source de divisions. Avant mai 2024, six pays membres avaient déjà franchi le pas, dont la Suède, seule à avoir reconnu la Palestine depuis 2014. La majorité de ces reconnaissances remontent à la fin des années 1980, à l’époque où certains pays étaient encore sous influence soviétique.
Avec les décisions de l’Espagne, de l’Irlande et de la Norvège en mai 2024, neuf États européens reconnaissent désormais officiellement l’État palestinien. La Slovénie prévoit aussi d’entamer ce processus, illustrant une dynamique grandissante dans certains pays d’Europe de l’Est.
À l’inverse, plusieurs grandes puissances occidentales, dont l’Allemagne, le Portugal ou encore la France, qui doit annoncer sa décision officielle prochainement, privilégient pour l’heure une reconnaissance conditionnée à une résolution négociée du conflit israélo-palestinien. Aucun pays du G7 n’a encore officiellement franchi le pas.
Une dynamique portée par le Sud global
Au fil des années, la reconnaissance de la Palestine s’est étendue, portée par les pays du Sud global. Aujourd’hui, près de trois quarts des États membres des Nations unies – soit environ 148 pays – ont reconnu l’État palestinien. Cette liste comprend la majorité des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, du Moyen-Orient, ainsi que plusieurs pays d’Europe de l’Est.
Parmi les soutiens de longue date figurent de grandes puissances émergentes comme l’Inde, la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud, le Mexique ou l’Indonésie. En Amérique latine, des pays tels que l’Argentine, le Chili, le Venezuela, la Bolivie ou le Pérou ont eux aussi franchi le pas, tout comme plusieurs nations des Caraïbes.
Une reconnaissance aux contours diplomatiques
Sur le plan diplomatique, la Palestine a réussi à faire valoir sa présence sur la scène internationale. L’Unesco l’a admise comme membre en 2011, malgré la forte opposition d’Israël et des États-Unis. En 2012, la Palestine a obtenu le statut d’État observateur aux Nations unies, un pas symbolique qui lui donne accès aux agences onusiennes et aux traités internationaux.
En 2015, la Palestine a également rejoint la Cour pénale internationale, ce qui lui permet d’ouvrir des enquêtes sur les actions militaires israéliennes dans les territoires occupés – une démarche dénoncée par Israël et ses alliés. Une reconnaissance qui ne lui confère pas pour autant un statut souverain complet.
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