
Œil pour œil, dent pour dent. Le ministre de l’Intérieur souhaiterait limiter les déplacements des diplomates algériens sur le sol français. Comme c’est exigé de l’autre côté de la Méditerranée, Bruno Retailleau souhaite contraindre l’ensemble des personnels diplomatiques travaillant pour l’Algérie en France à signaler chacun de leurs déplacements hors de Paris ou éloignés de leur lieu de travail, dévoile Europe 1 ce vendredi.
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Après avoir retiré les facilités diplomatiques qui leur permettaient de séjourner, circuler ou se faire soigner dans notre pays à plus de 40 membres influents de la nomenklatura algérienne qui ont récemment « dénigré » la France, Bruno Retailleau enfonce le clou. Qu’importe si Emmanuel Macron a à plusieurs reprises prôné l’apaisement ces derniers mois, alors que les relations entre Paris et Alger s’envenimaient. L’homme fort de Beauvau entend bien poursuivre sa stratégie de « riposte graduée ».
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Son « obsession » ? La « sécurité des Français », a-t-il avancé ce matin, avant de rappeler les tristes sorts de l’écrivain Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes. « L’Algérie contrevient à la règle de droit international qu’est la réciprocité », a-t-il également accusé, en référence au refus d’Alger de reprendre ses ressortissants. « Je ne veux pas d’un second Mulhouse en France, c’est la raison pour laquelle je prends des mesures pour protéger les Français », s’est défendu le patron des Républicains.
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« La diplomatie des bons sentiments a échoué »
Hier, le ministre d’État et le chef du gouvernement se sont entretenus à ce sujet à Matignon. Si Bruno Retailleau n’en a pas dit davantage sur leurs échanges, les deux hommes semblent plutôt alignés depuis le début de la crise entre les deux pays. Fin février, François Bayrou avait lui aussi menacé de « dénoncer » l’accord de 1968, qui confère un statut particulier aux Algériens en France en ce qui concerne la circulation, le séjour et l’emploi, si l’Algérie ne reprenait pas ses ressortissants en situation irrégulière.
Mais le duo, en plus des invectives du régime d’Abdelmadjid Tebboune, doit faire face à des critiques venues de l’intérieur. Jeudi encore, le Quai d’Orsay faisait savoir que le ministre de l’Intérieur agissait seul, et non dans le cadre d’une concertation du gouvernement français. Emmanuel Macron, lui, s’est muré dans le silence depuis qu’il a misé sur la « clairvoyance » de son homologue algérien dans le cadre d’une éventuelle libération de Boualem Sansal. Ce qui a fini par faire sortir de ses gonds Bruno Retailleau… « La diplomatie des bons sentiments a échoué », a-t-il tancé la semaine dernière dans Le Figaro, appelant à « un rapport de force » avec Alger.
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