
Keranna, 1625. Dans ce petit village du sud de la Bretagne, un paysan illettré, Yvon Nicolazic, guidé par de mystérieuses apparitions, découvre dans un champ une vieille statue très abîmée en bois d’olivier, sur le site d’une antique chapelle dédiée à Ker Anna – sainte Anne en breton. L’année précédente, la sainte était apparue pour la deuxième fois à l’honnête laboureur, en lui disant : « Je suis Anne, mère de Marie. Il y avait autrefois une chapelle qui est tombée en ruine. […] Je te demande de la rebâtir et d’en prendre soin. […] Dieu veut que je sois honorée ici. »
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Très vite, face à l’afflux de fidèles, les autorités ecclésiastiques approuvent les pèlerinages et font construire une nouvelle chapelle, qui deviendra ensuite une basilique. Curieusement, les Évangiles ne disent pourtant pas un mot des « grands-parents de Jésus », sainte Anne et son mari saint Joachim. Seuls les textes dits apocryphes, c’est-à-dire non reconnus officiellement par l’Église, révèlent des éléments sur leur existence.
Né en Orient, le culte de sainte Anne ira grandissant
Selon ces traditions qui ne sont pas toutes dénuées de fondement, Anne et Joachim étaient des juifs pieux, de la tribu de Juda, rejetés du Temple car stériles. Après vingt années de souffrance, ils sont récompensés par la naissance de Marie. Leur fille bénie est ensuite confiée au Temple à l’âge de trois ans, pour être consacrée à Dieu.
Né en Orient, le culte de sainte Anne ira grandissant. À Jérusalem, sur le lieu traditionnel de la maison d’Anne, on construit une église où elle est vénérée – sous possession française actuellement. Justinien élève une autre église à Constantinople en son honneur. L’Asie Mineure et la Grèce – où elle est appelée « la grand-mère de Dieu » – font de même. Plus tard, la ferveur atteint l’Occident, par la Rhénanie et l’Espagne, et Anne d’Autriche se charge de propager son culte en France.
Officiellement déclarée patronne de la Bretagne par le pape Pie X en 1914, sainte Anne maintient la flamme de l’espérance dans une région où la foi vacille, après avoir été un vivier de missionnaires dans le monde entier, en Afrique, en Chine, aux Caraïbes et en Amérique ! Baisse de la pratique et des vocations religieuses : il existe une « véritable occultation du phénomène religieux en Bretagne », comme l’a reconnu Jean Paul II lui-même lors de sa venue à Sainte-Anne-d’Auray en 1996.
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Mais l’histoire de la maternité miraculeuse de sainte Anne montre que rien n’est impossible à Dieu. En témoignent également les innombrables et touchants ex-voto dans la basilique, comme des chaussures d’enfants en souvenir d’une naissance, reflets d’une piété populaire encore vivace…
Rien d’impossible, pas même la renaissance de la foi dans cette partie de la Bretagne, par la vertu conjuguée de pasteurs et de laïcs zélés, qui prennent appui sur cette culture populaire bretonne si forte. Elle qui conduit chaque année des dizaines de milliers de personnes à Sainte-Anne-d’Auray pour le pèlerinage du Grand Pardon le 26 juillet – et également lors d’autres pèlerinages : Tro Breizh, la Grande Troménie et autre Feiz e Breizh…
La messe du 26 juillet sera retransmise sur CNews.
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