
C’est une première décision de justice depuis l’ouverture très médiatisée du quartier de lutte contre le crime organisé (QLCO) de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté vendredi la requête déposée par Kamel A., l’un des premiers détenus transférés dans cette unité ultra-sécurisée voulue par Gérald Darmanin.
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Son avocat, Me Philippe Ohayon, demandait en urgence l’annulation de la décision d’affectation de son client à Vendin-le-Vieil, pointant une « atteinte grave et immédiate » à plusieurs droits fondamentaux. Dans sa requête, il invoquait notamment la rupture des liens familiaux, l’impossibilité d’avoir une vie sociale normale en détention, l’isolement prolongé, et l’impossibilité de téléphoner à ses proches.
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Le juge n’a pas retenu ces arguments. Dans une décision que le JDD a pu consulter, il estime que les conditions d’urgence ne sont pas réunies, et que la décision administrative contestée ne constitue pas, à ce stade, une atteinte manifeste aux libertés invoquées.
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Ce revers judiciaire intervient alors que Me Ohayon est aussi l’avocat à l’origine de la plainte déposée contre Gérald Darmanin devant la Cour de justice de la République pour « abus d’autorité ». Il accuse le ministre de la Justice d’avoir ordonné des transferts vers Vendin sans respecter les critères posés par le Conseil constitutionnel, notamment l’existence de liens avérés avec une organisation criminelle.
« Il ne peut y avoir aucune forme de confort pour les chefs de réseau criminel »
Vendin-le-Vieil concentre, depuis une semaine, l’attention de la sphère judiciaire et carcérale. Cette prison de haute sécurité a été choisie pour incarner la nouvelle doctrine de fermeté de la Place Vendôme face aux narcotrafiquants. Conçu pour désorganiser les réseaux depuis l’intérieur, le quartier du QLCO se caractérise par un régime de détention particulièrement strict : cellules bétonnées, surveillances renforcées, isolement 22 heures sur 24, communications filtrées.
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Pour Gérald Darmanin, ce dispositif marque une rupture assumée avec les pratiques précédentes. « Il ne peut y avoir aucune forme de confort ni de sociabilité pour les chefs de réseau criminel », répète-t-on dans son entourage. Cette première décision du juge administratif donne le ton : l’État semble avoir pris ses précautions juridiques. D’autres recours devraient suivre, mais le principe même des transferts ciblés à Vendin-le-Vieil vient de recevoir un premier feu vert judiciaire.
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